L'offre légale : jusqu'où doivent aller les efforts ?
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HADOPI : cela fait des années que l'on en entend parler, et il faut dire que, ces derniers temps, sa mise en application a été accélérée. Pour un bref rappel, l'objectif premier de l'HADOPI est de combattre le téléchargement illégal d'œuvres protégées par droits d'auteurs : jusque-là, on ne peut difficilement trouver ce combat injuste. Ce qui l'est plus, pour certains, c'est la façon dont le gouvernement s'y prend pour combattre ces comportements.

Plus que le gouvernement, ce sont surtout aux majors de l'industrie de la musique, du cinéma ou encore du jeu vidéo de faire des efforts, clament souvent les [...].

n°2 - Ecrit par Grib, le 28 juillet 2011, à 19:33.
Hadopi a eu le mérite de contractualiser les téléchargements illégaux !
Il n'y a qu'à constater l'essor des abonnements à des services type Usenet, direct-download "premium", etc.

Les mauvaises habitudes prises par une génération de "serial downloaders", qui se connectaient à grand coup de 56ko au début de l'internet "moderne", n'ayant pas eu peur d'attendre 2h afin d'obtenir un album à l'encodage plus que limite, afin de le graver sur un bon vieux CD qui finissait rayé, ou parmi une montagne d'autres stabylotés et soigneusement rangés dans des "case logic" pour les plus soigneux ou empilés les uns sur les autres pour les plus bordeliques économes, vont être difficiles a modifier.

Cette génération a grandie depuis, arrive au 35/40 ans, a du pouvoir d'achat et ne se formalisera pas d'une somme n'excédant rarement les 10 ou 12 €/mois afin de télécharger de façon illimité et rapide.

Ce comportement ne relève t il pas plus de l'addiction qu'autre chose ? Qui ne connait pas un furieux dans son entourage qui n'a pas un disque dur plein de musiques dont il ne finit par écouter que quelques albums, souvent les mêmes, mais qui veut tout, tout le temps, juste "au cas où", comme pour se sentir rassuré.

Rassuré d'une crainte elle même alimentée pendant des années par les majors et networks qui encourageaient à acheter encore plus de compiles, best-of, remix, collectors, et autres coffrets remastérisés afin d'être "in", "fan", d'être OK, d'être bat !
Et, aujourd'hui, ce sont les majors qui tremblent, car le bébé a grandi et leur échappe des mains !

Mais, qu'on se le dise, l'industrie de la musique (peut-on encore parler de l'industrie du disque ?) est bien prospère !!! C'est l'industrie calquée sur le modèle des dinosaures, du type Pascal Nègre, qui grippe et ne fonctionne plus.

Regardez la jeune génération d'artistes/producteurs qui ont grandis avec le net et qui ont quittés les majors...

Les success-story se comptent par dizaines quand même ! Mais eux, ont les codes, la passion, ont su s'adapter et ne perdent pas leur énergie a se battre contre des moulins à vent version "Don qui chante" !

Ça ne signifie pas que c'est facile, bien au contraire, mais comme depuis longtemps, le travail avant tout.

Prenez l'exemple d'Ed Bangers record et de son créateur Busy P. Il fait de tout, de la production musicale, du produit dérivé, du conseil communication, du graphisme et une très grande dose d'évènementiel ! Bref, il mouille la chemise, il vit sa passion et il gagne, les majors sont à ses pieds... Maintenant, c'est lui qui enrôle de nouveaux artistes pour son compte, car en définitive, il les produit bien mieux, et leur ouvre plus de portes que Mr Nègre & Co.

Les majors ont gagné énormément d'argent et ne veulent pas voir le gâteau séparé en plus de parts, mais ce n'est qu'une question de temps pour qu'il ne leur reste que quelques miettes ! (et de la bonne miette quand même )

Je ne pense pas qu'il soit tant à plaindre non plus. Les artistes sont juste en train de reprendre les commandes, années après années, et ce en partie grâce à cette génération de serial-downloaders qui révolutionnent les habitudes de consommation, débordant les défenses des majors, mettant en avant les failles de ce système vieillissant, dans lequel cette nouvelle génération d'artiste reprend vite ses libertés grâce a une flexibilité, une réactivité et un modèle économique vite ingéré et digéré, mais en perpétuelle ré-écriture.

La clef est peut être dans la réactivité, qui se doit d'être aussi rapide que les réseaux eux-mêmes et les mastodontes majors sont trop rigides et bureaucratiques pour ça (toute ressemblance avec l'arrivée d'IBM sur le marché du micro-ordinateur serait fortuite ).

Bien souvent, cette nouvelle vague de la scène musicale, auto-entrepreneuse, est plutôt en phase avec ces téléchargeurs illégaux, qui sont souvent cités dans de nombreuses études comme étant, soit dit en passant, les plus gros consommateurs de produit légaux dès que leur bourse leur permet !

Et oui, tout simplement, si tout ce débat ne tenait qu'à notre époque de crise systémique ?
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