Chasse au taliban sur France 3
Ecrit par WiLL-, dans Logiciels, le 27 décembre 2006, à 00:00.
Cela arrive occasionnellement, mais mieux vaut prévenir son public lorsque des reportages montrent des scènes de guerre pouvant choquer les plus sensibles.

C'est ce qu'a fait Audrey Pulvar le mercredi 6 décembre en mettant en garde les téléspectateurs de France 3 avant la diffusion d'un reportage en Afghanistan.



En effet, la scène est extrêmement violente et l'on peut y apercevoir une fusillade entre soldats américains/anglais et talibans (des mini caméras auraient pour cela été disposées sur les casques des soldats).

Des corps déchirés - sensés être des talibans - explosent sous les coups des obus et de l'assaut de l'armée de la coalition.

Oui mais ? À l'occasion du 19/20 du mardi 19 décembre, Audrey Pulvar reconnaît la bourde commise par France télévision suite au reportage de France 5 "Arrêt sur images".
Et pour cause, les corps filmés durant le film sont en réalité des cadavres de lapins et de marmottes, cibles de chasseurs plutôt sauvages dans une région des États-Unis, et non en Afghanistan!

Voici le méa culpa de la présentatrice:
"Il y a quinze jours, nous diffusions dans ce journal des séquences vidéo réalisées lors d'opérations de guerre par des soldats britanniques déployés en Afghanistan".
[...]
"La pratique se répand au sein des armées britanniques et américaines. Et dans certains conflits où la presse n'est pas bienvenue, ces images sont parfois le seul reflet de la réalité des combats. Largement diffusées sur le net, il arrive qu'elles soient piratées ou falsifiées. Malgré nos vérifications, quinze secondes de notre sujet étaient fausses".

S'en suivait une vidéo (de Magali Forestier) expliquant comment des scènes de chasse au gibier issues du site "Varmint Safari" avaient été transformées et introduites dans de vraies séquences de combat en Afghanistan, elles aussi en provenance du web.

Malgré l'authentification successive de la vidéo par les journalistes du "Sunday Telegraph" puis la rédaction de France 3, les vidéos falsifiées ont montré aujourd'hui leur dangerosité.

Charge aux chaînes de télévision de tirer une leçon de ce dérapage et d'être encore plus soucieuses de la véracité du contenu de leurs informations, surtout lorsqu'elles proviennent de la toile.

Paul Nahon - directeur général adjoint chargé de l'information sur France 3 - rappelle en toute bonne foi que ce type d'erreur peut se produire "dans toutes les rédactions" et qu'Internet "est un outil formidable pour les journalistes, mais pas moins dangereux".
Puis en guise de prévention journalistique, ce même Paul Nahon affirme "qu'on se fera encore avoir!". 2401 2298
Source : Le monde.