Bonjour à tous et bienvenue dans ce premier numéro de la chronique des navigateurs du Web.
Comme vous avez sûrement pu le lire dans le titre, cette chronique traite des Agents du Web, plus communément appelés des « Navigateurs Web » en France.
Brève histoire des navigateurs Web
Ce terme fut introduit en 1994 par Netscape Navigator, l'un des navigateurs les plus populaires de la seconde moitié des années 90, connu pour s'être embarqué dans une véritable « Guerre des navigateurs » avec Microsoft Internet Explorer.
Aujourd'hui, il existe peu de Navigateurs Web connus du grand public, les deux premiers (Microsoft Internet Explorer et Firefox) se partageant plus de 90 % des parts de marché des navigateurs ; ce qui laisse peu de place pour les dizaines de navigateurs « alternatifs ».
Le Web est constitué de « sites », tels que Net-Actuality, qui sont envoyés à votre navigateur sous la forme d'une grande page de texte qu'il doit mettre en forme à l'aide des informations contenues dans ces documents textes.
Même si vous n'avez jamais fait de site, vous avez sûrement déjà rencontré un langage similaire à celui des pages web sur des forums, <b> et </b> pour placer du texte en gras par exemple, eh bien c'est exactement le même principe pour le navigateur au détail près que la syntaxe n'est pas tout à fait la même.
Une série de « balises » ou « tag » lui sont fournis et son travail est de vous les afficher correctement. Ce langage, qui n'est pas de la programmation à proprement parler, porte le nom de HTML et a été conçu de manière à pouvoir être utilisé par n'importe qui sans pour autant qu'il ne soit informaticien, un particulier devait pouvoir créer un site facilement.
Il a été également conçu pour que le navigateur ait le droit de créer ses propres balises, comme
inventé par Netscape au milieu des années 90, et qui permettait de faire clignoter du texte. Si un navigateur ne supporte pas cette balise, contrairement à un langage de programmation classique qui afficherait une erreur, le navigateur doit simplement ignorer la balise HTML et afficher quand même son contenu. La seule pénalisation sera que le texte ne clignotera pas.
Un problème important s'est posé lors de la guerre entre Internet Explorer et Netscape, car chaque nouvelle version de ces navigateurs inventait ses propres balises. Ainsi, les modifications furent parfois trop importantes pour être ignorées, rendant certains sites complètement illisibles sous Netscape, alors qu'il n'y avait aucun problème pour les lire sous Internet Explorer.
Pour pallier ce problème, le créateur du Web, Tim Berner Lee créa le W3C, un consortium dont le seul but était de standardiser les technologies du Web comme le HTML, afin que tous les navigateurs affichassent la même chose.
Ces standardisations, souvent appelées « Spécifications » ou « Normes du W3C », ont été ignorées par de nombreux développeurs de sites web qui ne cherchaient pas à savoir ce que c'était, mais qui ont créé des sites simplement avec ce qu'ils savaient faire.
Ces « Webmestres » ont, durant les années 90, été confrontés à des incompatibilités entre les deux navigateurs les plus populaires du marché, les forçant à rajouter des logos sur leurs pages web comme « Ce site est optimisé pour Netscape » qui signifiaient à leurs visiteurs de revenir avec Netscape si l'affichage était mauvait.
Au début des années 2000, Internet Explorer avait grignoté à lui seul plus de 90 % des parts de marchés des navigateurs, et était donc incontestablement le grand gagnant de cette grande guerre des navigateurs, ce qui réjouit de nombreux Webmestres qui pouvaient enfin faire un site sans se soucier des problèmes de compatibilités qu'il pouvait y avoir avec moins de 10 % des utilisateurs.
L'âge d'or d'Internet Explorer se termina en 2004 avec l'arrivée de Mozilla Firefox, un nouveau navigateur fondé sur le code source du défunt Netscape. Prenant rapidement près de 20 % des parts de marché, ce navigateur obligea les webmestres à revoir leur attitude pour être visibles par un maximum de personnes.
Les « adorateurs » de Firefox prônant le respect des standardisations du W3C, beaucoup de Webmestres furent séduits par l'idée d'un site s'affichant avec un seul code source exactement à l'identique sous tous les navigateurs, mais il restait un problème...
Le W3C en 1997 avait publié un document sur des « Feuilles de styles » (CSS en anglais), dont le but était de séparer intégralement la structure du document de sa mise en page, en somme la page .html contenait avec ces feuilles de styles uniquement le contenu, mais pas la mise en page, ce qui procurait de nombreux avantages pour le webmestre : pour changer le design de son site il lui suffisait alors de modifier uniquement cette feuille de style.
Le problème était qu'Internet Explorer supportait mal ces feuilles de styles, et avait beaucoup de bogues de rendu que les webmestres se cassaient la tête à corriger, et pour cause ! Depuis 2001, aucune mise à jour d'Internet Explorer n'était parue !
Le succès de Firefox obligea Microsoft à reprendre le développement d'Internet Explorer, qui supporte désormais - toujours mal, mais - mieux ces feuilles de styles.
Et maintenant ?
Aujourd'hui, Microsoft développe la huitième version de son Internet Explorer qui - nous le promet-il - supportera quasiment l'intégralité de ces feuilles de styles et donc apportera un Web unifié à tout le monde.
Toutefois, pour ne pas « casser le Web », Microsoft ne veut pas imposer ce mode de rendu beaucoup plus respectueux des standards du Web à tous les sites qui ne les respectent pas forcément (et alors, ces derniers s'afficheraient mal, d'où l'expression « casser le web »).
Rien n'est sûr quant à la manière de gérer ces standards dans Internet Explorer 8, mais Microsoft voudrait faire cohabiter l'ancien mode de rendu et le nouveau en même temps, afin d'afficher correctement les sites respectueux des standards et ceux ne les respectant pas. Toutefois, les méthodes qu'il risque d'employer pour faire la distinction entre les sites respectueux des standards et ceux ne l'étant pas ne sont pas encore sûres à ce jour et font peur à de nombreux webmestres.
Dans tous les cas, Internet Explorer 6 - sorti en 2001 - reste toujours la version d'Internet Explorer la plus utilisée à ce jour (tout le monde n'ayant pas fait la mise à jour vers la 7), et c'est donc encore un véritable casse-tête pour les webmestres voulant respecter les standards. La fin de cette année risque d'être très mouvementée en ce qui concerne les changements dans le Web, cette chronique a pour but de vous tenir informés de ces changements !