Bienvenue dans ce second numéro de la chronique des navigateurs du net. Dans le dernier numéro, je vous parlais de l'histoire des navigateurs, ou plutôt de l'histoire d'Internet Explorer et de Netscape. Mais il existe des dizaines de navigateurs qui parcourent - ou ont parcouru - le Web, et ceux que j'ai cités ne sont que les deux principaux acteurs de la seconde moitié des années 90.
En effet, même s'il existe un très grand nombre de navigateurs, peu sont connus du grand public. Aussi, il est difficile d'expliquer pourquoi Netscape, Firefox, et plus récemment Google Chrome, ont eu du succès. Pour Microsoft Internet Explorer, ce succès est en revanche très simple à comprendre et je vais vous en parler aujourd'hui.
En 1994, Microsoft n'a pas beaucoup d'espoir dans le Web et développe son propre réseau concurrent, « MSN » pour « MicroSoft Network ». Contrairement au Web, MSN se présente plus comme une extension de l'explorateur Windows donnant accès à de nombreux documents, forums et services. Ce réseau n'a jamais vraiment connu le succès, malgré un lancement jumelé avec Windows 95 et un grand coup marketing. Pourtant, le Web connait quant à lui un succès beaucoup plus retentissant au fil des années.
Suite au succès grandissant de Netscape et du Web, Microsoft rachète la licence du populaire navigateur « NCSA Mosaic », et créé le navigateur Internet Explorer, lançant ainsi la première « Guerre des Navigateurs ». Détenteur d'un énorme monopole sur le marché des systèmes d'exploitation, Microsoft propose, dès 1995, l'inclusion d'Internet Explorer dans Windows (afin de promouvoir son nouveau produit).
Le géant du logiciel va même plus loin en obligeant les fabricants d'ordinateurs, via le contrat de licence de Windows, à laisser l'icône du logiciel sur le bureau de leurs machines, favorisant ainsi son navigateur disponible dès l'allumage de l'ordinateur.
Netscape, à la fin de son âge d'or, sidère le monde entier en dévoilant son code source ! N'importe qui peut alors comprendre comment fonctionne Netscape et y apporter des modifications. C'est sur ses cendres que repose le début d'un petit projet nommé... Mozilla.
En 2003, tandis qu'Internet Explorer détient plus de 90% de parts de marchés, Microsoft annonce la fin du développement d'Internet Explorer. Après tout, pourquoi continuer à améliorer un programme qui a déjà séduit 90% des gens ? La situation était déjà à être tendue entre les Webmestres et le piètre support des feuilles de styles par Internet Explorer : cette annonce provoque ainsi une colère retentissante de la part de nombreux acteurs du Web.
Une année plus tard, le petit dernier du projet Mozilla, Firefox, grignote déjà 5 % de parts de marchés. A la fin de cette même année, il atteint presque 10%. L'année 2004 est l'année de consécration, puisque le nombre d'utilisateurs d'Internet Explorer baisse enfin.
Les raisons du succès de Firefox sont évidentes. Si Internet Explorer était un bon navigateur à la fin des années 90, il l'est beaucoup moins après plusieurs années de développement gelé. Le navigateur vieillit très mal et la situation n'a d'ailleurs pas beaucoup changé aujourd'hui.
Alors que Microsoft a repris le développement d'Internet Explorer et prépare aujourd'hui la sortie de sa huitième version, Internet Explorer 6 est toujours très utilisé sur le Web, peut-être même plus – deux ans après sa sortie – qu'Internet Explorer7, pourtant incluse dans Windows Vista et le mises à jour d'XP.
Outrée par une telle situation, la firme norvégienne Opera Software, éditrice de la suite internet Opera, a porté plainte auprès de la commission européenne en 2008 contre Microsoft, pour abus de monopole qui inclut Internet Explorer dans Windows. Outre cette attaque, Opera Software demande à la commission européenne de forcer Microsoft à améliorer le support des standards dans Internet Explorer – notamment sur les feuilles de styles –, afin d'avoir enfin un Web standardisé, visible à l'identique sur tous les navigateurs.
Une semaine après cette plainte, Microsoft dévoilait déjà les premières captures d'Internet Explorer 8, qui passait avec succès le prestigieux « Acid Test 2 ». But avoué ; prouver son intention d'améliorer le respect des standards.
Quant à la question de l'abus de monopole, Microsoft a dores et déjà répondu qu'il lui semblait normal d'inclure son navigateur dans Windows. Rappelons qu'une plainte avait été déposée au sujet de Windows Media Player, qui avait eu pour conséquence la sortie d'une version de Windows dépourvue de ce dernier, spécialement pour l'Europe. Cette version avait été un véritable échec commercial, comme l'a souligné Microsoft.
Opera Software, quant à lui, ne demande pas la suppression d'Internet Explorer, mais l'inclusion de navigateurs tiers dans Windows, dans le but de laisser un plus grand choix à l'utilisateur final.
C'est sur cette éclaircissement que je clos ce chapitre de l'histoire
du Web d'Internet Explorer, de Netscape et de Mozilla. Vos retours sont les bienvenus