
Préambule : Net-Actuality décline toute responsabilité suite aux maux de tête pouvant survenir après la lecture de cet éditorial.
Si j'ai toujours pu me targuer d'une chose, c'est d'être «
in ». En effet, chaque matin, j'enfilais mes Converses®, j'allumais mon iPod, sans oublier de prendre mon dernier portable à la mode. Après une journée de cours harassante, c'est avec joie que je retrouvais mon ordinateur, et plus particulièrement MSN Messenger. C'est aussi avec plaisir que je consultais mes Skyblog, symboles de mon ascension sociale.
Oui, avoir un Skyblog était le signe de «
branchitude », de consécration. Mais si je parle au passé, c'est que deux phénomènes, tout droit arrivés des «
United States of America », sont venus troubler ma routine bien établie. Oui, je suis désormais «
out », avec mes Skyblog, remplacés sans vergogne par les MySpace et Facebook. Et avec eux, c'est toute une philosophie qui s'éteint...
Viens que j'te raconte ma life...
Les Skyblog, c'était avant tout une politique éditoriale implacable, face à laquelle Net-Actuality a toujours rougi. Le rédacteur en chef était généralement un «
beau goss » ou une belle «
webmiss ». Il, ou elle, y parlait de sa vie pal-pi-tan-te : l'achat de sa nouvelle paire de chaussures, la dispute avec le p'tit copain la veille, les cadeaux commandés au papa-noël, voire la dernière sortie au bowling. Mais la règle d'or, c'était de publier des «
tof » du chat, du nouveau p'tit copain ou encore de la meilleure copine du moment, accompagnées d'une (petite) légende.
Vous l'aurez compris, le contenu était des plus passionnants, et on était souvent surpris de se voir happé par les billets postés sur ces merveilles.
... avec originalité...
Mais les Skyblog, c'était aussi un langage inégalable et une mise en forme uniques, qui faisaient tout leur charme. Le langage SMS y avait élu domicile, rendant les billets tous plus lisibles les uns que les autres.
Mé la star, cT surtout la mise en forme ¨˜ˆ”°¹~•-.„¸_º}
forme du billet ´¯)¯W¯)★¯`•.★★«›-¤•.„.•´. Ah oui, que de bons souvenirs... Toute cette originalité, que dis-je cette créativité, qui était mise au service des lecteurs... Euh, pardon, on recommence. αн σΰι, qΰє ∂є вσηѕ ѕσΰνєηιяѕ... тσΰтє ¢єттє σяιgιηαℓιтé, ¢єттє ¢яéαтινιтé мιѕє αΰ ѕєяνι¢є ∂єѕ ℓє¢тєΰяѕ...
Le tout, était généralement accueilli par une interface splendide, à base de fond gris et de couleurs unies, toutes plus recherchées les unes que les autres.
On comprend donc aisément que Bernard Pivot et Picasso se soient rapidement sentis menacés contre ce nouveau phénomène...
... en faisant du bruit !
La pierre angulaire du système Skyblogien, c'était la mesure de la popularité des «
gossbo » et «
webmiss », qui s'effectuait grâce à une nouvelle unité tout droit sortie de l'usine Skyblog : «
le com ». Le com(mentaire), c'était cette chose qui permettait de
faire la publicité pour son Skyblog répondre aux billets. Celui qui avait le plus de com's était bien entendu LA star, LA personne à fréquenter, bref, LE maître du monde.
Mais c'était également devenu une monnaie de marchandage, ou plutôt de troc. «
Promotion : pour cinq com's postés, j'en poste dix sur ton Sky » pouvait-on lire. Une monnaie qui commençait même à faire de l'ombre à l'euro, c'est dire.
Skyblogs : la vie, la vraie
Je tiens à vous remercier d'avoir tenu jusqu'ici. Si vous êtes toujours là, c'est que vous êtes prêt à soutenir la cause des Skyblog. Si vous aussi, vous êtes convaincu que l'essor des MySpace, Facebook et compagnie est néfaste. Si vous aussi, les moments de détente à lire toutes ces perles vous manquent. Si vous aussi, ce langage SMS et ces mises en forme splendides vous manquent. Si vous aussi, vous en avez assez de ces plateformes à la mode. Si pour vous aussi, les Skyblog incarnent un idéal de vie, alors :
lâchez vos com's !