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Faut-il être maso pour développer sur iPhone ?

Développeur à mes heures perdues, j’avais envie de voir comment se déroule le développement destiné au système d’exploitation mobile d’Apple : l’occasion de constater l’oppression exercée par la firme de Cupertino sur les développeurs.

Avant de démarrer tout développement, la première étape consiste à trouver et installer le SDK iPhone (Software Development Kit ou Kit de développement). Concrètement, celui-ci regroupe tous les outils nécessaires au développement sur un framework propriétaire (Cocoa Touch) : il est donc plus que conseillé de l’installer. Première surprise : la société à la pomme ne propose aucun outil destiné aux systèmes d’exploitation autres que Mac OS. En d’autres termes, si vous ne possédez-pas de Mac, vous ne pouvez pas développer pour iPhone !

J’effectue donc quelques recherches pour voir s’il n’existe pas de solutions alternatives. J’avoue être rapidement effaré par les remarques de fan boys qui proposent obligent à passer sous Mac ou clament que c’est bien mieux comme ça (ah bon !). Ne roulant pas sur l’or, n’étant pas fan de la politique fermée d’Apple et n’appréciant pas me faire forcer la main, on me susurre de tenter la machine virtuelle de Leopard et d’y installer le SDK… Mouais, pas très légal ça, donc je laisse tomber Et puis, je ne vais tout de même pas implorer Apple de me laisser développer sur sa plateforme !

Bref, vous l’aurez deviné, ma tentative de développement est morte avant même d’avoir commencé. Ce qui ne m’empêche pas de recueillir d’autres impressions de développeurs désabusés par la politique d’Apple et de continuer mes recherches.

– Il faut savoir que le SDK iPhone permet seulement de développer une application et la tester, grâce à un simulateur. Cependant, il n’offre pas la possibilité de proposer au téléchargement son application ni même de l’installer sur un iPhone non jailbreaké. En effet, pour posséder ce droit, il est nécessaire de souscrire au programme de développement iPhone (« Developer Program »), facturé 79 euros.

Il faut donc payer pour pouvoir distribuer son application sur l’iPhone : assez surréaliste, non ? J’en vois déjà venir : « oui, mais Apple permet de mettre en relation les développeurs et utilisateurs ! ». Je répondrai : et si je n’ai pas envie d’être mis en relation et de gérer cela moi-même ?

– A supposer que l’on soit courageux (achat d’un MAC + paiement d’une licence Developer Program), le calvaire n’est pourtant pas fini. En effet, pour proposer une application au téléchargement, celle-ci doit obligatoirement être validée par Apple. Ainsi, celle-ci risque de se voir refusée si elle entre en concurrence avec une application officielle d’Apple (voir cas Google Voice) ou si elle ne répond pas au cahier des charges établi par Apple. Pire encore, Apple peut changer les conditions de développement quand il le souhaite. Ainsi, lors de la dernière Keynote, Apple a interdit le développement avec tout SDK alternatif : toutes les applications proposées ayant été développées avec un SDK autre que l’officiel, comme monotouch par exemple, seront refusées.

Plus récemment, l’EFF a diffusé le contrat liant la firme de Cupertino aux développeurs : on y apprend qu’une application peut être refusée alors qu’elle suit scrupuleusement le cahier des charges imposé par Apple !

– A supposer que le chanceux a vu son application acceptée, il ne percevra que 70% des revenus, Apple touchant une commission de 30% sur le prix de vente de l’application.

Alors on résume :

  • obligation de développer sous MAC avec le SDK Officiel ;
  • obligation de payer pour pouvoir distribuer son application ;
  • obligation de passer par une plateforme contrôlée par la société (AppStore) ;
  • l’application peut être refusée sans aucune raison particulière ;
  • Apple prend sa commission (pourtant le développeur est obligé de passer par cette plateforme) ;
  • j’en ai sûrement oublié.


Des conditions relativement effarantes, et pourtant, beaucoup de développeurs continuent à se ruer vers l’iPhone. Pourquoi ? Car il représente un marché de plus en plus important, en raison du nombre croissant de possesseurs d’iPhones. C’est avant tout l’appât du gain qui a raison de la plupart des développeurs, bercés par les belles histoires de développeurs devenus millionnaires. Sauf qu’avec la multiplicité d’applications, leur visibilité est désormais réduite et les chances de percer sur iPhone s’amenuisent.

Pour ma part, cela est décidé, il neigera en enfer avant que l’on me voit développer pour cette « chose ». Je veux pouvoir développer mon programme d’où je veux, le distribuer où je veux et non via une plateforme contrôlée et fermée, et pourquoi pas réaliser de la merde si je le souhaite, sans craindre de froisser la pomme ! Car, au final, c’est à l’utilisateur de choisir si mon application mérite ou non d’être installée, et non à une tierce de juger ou non du bon goût de mon programme.

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