Affaire MegaUpload : tout ce qu’il faut savoir

En cette fin de semaine (jeudi soir à 21 heures 03 en France), la toile a connu un épisode dramatique pour les internautes. Aujourd’hui, il n’est même plus utile de présenter cette histoire qui a fait un bruit incroyable, le vif du sujet ayant été présenté dans l’article de Florian. Dans le but d’éclaircir toutes les âmes, j’ai décidé de rédiger un billet regroupant une série d’informations et de questions sur le déroulement de cette prise, par la justice américaine, du site MegaUpload.

Qu’est-ce que MegaUpload ?

MegaUpload est un service d’hébergement de fichiers assez simpliste. Il permet en effet, à n’importe quel internaute lambda, d’envoyer un fichier vers des serveurs Web, dans la simplicité la plus totale. Dès lors, d’autres utilisateurs peuvent télécharger ce même fichier envoyé sur la plateforme. Pour cela, deux méthodes étaient proposées :

  • Télécharger gratuitement, avec en contrepartie, des délais d’attente, un débit réduit ainsi que des publicités en pagaille ;
  • Télécharger en ayant un compte premium, c’est-à-dire payer un abonnement afin de ne pas subir les conséquences périlleuses de la gratuité.

Cette définition n’est pas exhaustive mais résume assez bien le site dont on parle.

Les conditions

En réalité, MegaUpload savait parfaitement qu’il hébergeait des fichiers illégaux (films, séries, musiques…) et donc, était soumis aux lois contre le piratage ; les ayants-droits (maisons de disques et assimilés) avaient notamment porté plainte contre lui, à plusieurs reprises. MegaUpload possédait des serveurs dans une multitude de pays, notamment en Chine, aux Pays-Bas, au Canada et aux Etats-Unis. L’objectif était de parsemer le monde de serveurs indépendants les uns des autres, afin d’éviter qu’un pays ne puisse rendre totalement inaccessible le site à lui seul.

Comment le site a-t-il pu fermer ?

La réponse est très simple. MegaUpload, comme évoqué ci-dessus, possédait des serveurs aux Etats-Unis (via la société d’hébergement Carpathia Hosting), et plus précisément en Virginie, où a été prononcée la décision de justice. Les autorités américaines ont donc pu passer des accords avec de nombreux pays, dont la Nouvelle-Zélande, grâce auxquels ils ont pu lancer des mandats d’arrêt internationaux et arrêter les principaux acteurs du site.

Qui sont les principaux « criminels » ?

Il s’agit de 7 personnes faisant partie de 2 sociétés : MegaUpload et Vestor Limited (une entreprise proposant des solutions d’hébergement).

  • Kim Dotcom, alias Kim Schmitz, PDG ultime de MegaUpload ;
  • Julius Bencko, designer de MegaUpload ;
  • Sven Echternach, directeur technique ;
  • Finn Batato, directeur marketing ;
  • Andrus Nomm, développeur en chef des produits MegaUpload ;
  • Bram van der Kolk, gérant de l’infrastructure réseau.

Selon la loi en vigueur aux Etats-Unis, ils encourent jusqu’à 20 ans de prison. Vous pouvez d’ailleurs consulter cet article de nos confrères de Numerama concernant ce sujet.

Les produits concernés

MegaUpload n’est pas le seul service concerné par cette prise. Il faisait partie de la très vaste « MegaGalaxy » ; un ensemble de sites appartenant à la même société et articulés les uns autour des autres. Parmi ceux-ci, figure le très connu MegaVideo, que de nombreuses personnes utilisaient afin de regarder des séries ou des films en streaming. Voici une liste de tous les services et noms de domaines appartenant à MegaUpload saisis par le FBI :

  • Megastuff.co
  • Megaworld.com
  • Megaclicks.co
  • Megastuff.info
  • Megaclicks.org
  • Megaworld.mobi
  • Megastuff.org
  • Megaclick.us
  • Mageclick.com
  • HDmegaporn.com
  • Megavkdeo.com
  • Megaupload.com
  • Megaupload.org
  • Megarotic.com
  • Megaclick.com
  • Megavideo.com
  • Megavideoclips.com
  • Megaporn.com

En chiffres

MegaUpload disposait d’un capital économique énorme, grâce à ses revenus, ses utilisateurs et autres. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 150 millions d’utilisateurs ;
  • 50 millions de visites par jour ;
  • 25 millions engrangés d’euros grâce à des recettes publicitaires ;
  • 150 millions d’euros récoltés grâce à des ventes de comptes premium ;
  • 110 millions d’euros dépensés pour payer les fournisseurs (le fameux « uploadeurs » envoyant les fichiers sur le site). Il s’agissait donc d’une sorte de système de rémunération ;
  • 42 millions de dollars de rémunération en un an pour le PDG ;
  • 25 péta-octets de données ;
  • Plus de 1 000 serveurs ;
  • 65 millions d’euros de facture d’hébergement depuis 2005 ;
  • 30 employés répartis dans le monde.

Les conséquences

La fermeture du site en question implique de nombreuses conséquences, juridiques et sociales. Comme stipulé dans l’article précédent de Net-Actuality, Nicolas Sarkozy en personne a salué l’efficacité américaine à mettre fin au site. Ce n’est pas tout !

Les Anonymous préparent la riposte

Les Anonymous sont des pirates informatique prônant la liberté d’expression sur Internet. Ainsi, la fermeture de MegaUpload et le passage de la loi SOPA/PIPA a encouragé ces derniers à lancer des attaques, afin de faire tomber les sites des ayants-droits et des gouvernements.

Et pour les utilisateurs ?

Voici une petite série de questions qui vont peut-être éclaircir certaines de vos interrogations.

Va-t-on pouvoir retrouver nos fichiers légaux hébergés sur Megaupload ?

En toute sincérité, c’est peu probable. Sauf si MegaUplaod trouve une solution d’ici le procès.

Ceux qui ont mis en ligne des fichiers illégaux courent-il un risque ?

Selon la loi, oui. Cependant, il ne faut sans doute pas trop s’inquiéter : les ayants-droits ne vont sûrement pas lancer des attaques judiciaires individuellement. Pour la justice, l’objectif était avant tout de décapiter le géant pour envoyer un signal fort aux géants de ce secteur.

Y a-t-il une chance que MegaUpload gagne le procès ?

Il y a peu de chances, car les cadres se seraient échangé des e-mails précisant qu’ils avaient connaissance de la présence de nombreux fichiers illégaux présents sur le site. De plus, lors du lancement de MegaVidéo, ils se seraient empressés de télécharger de nombreuses vidéos de YouTube pour remplir leur vidéothèque.

En outre, même si leur service disposait d’une fonctionnalité permettant aux ayants-droits de supprimer un fichier contrefait, cela n’avait aucune conséquence sur la personne ayant déposé le fichier.

Fin

J’espère que cet article vous a un petit peu éclairé. J’attends vos questions dans les commentaires.

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