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On ne parle (presque) pas d'HADOPI 2, et pourquoi ?

On ne parle (presque) pas d'HADOPI 2, et pourquoi ?

Lecteurs fidèles de Net-Actuality, il ne vous aura pas échappé que votre site préféré n'a pas été très fidèle à l'actualité florissante en matière d'HADOPI 2 dernièrement. Pourtant, cela aurait pu être une source plutôt appréciable de visiteurs et de contenu. En effet, les péripéties du nouveau bébé du gouvernement n'ont pas manqué, et nombreux ont été les sujets qui auraient pu faire l'objet d'un petit décryptage et d'un peu – avouons-le – de moqueries.

Je me suis ainsi demandé si les membres de l'équipe ne se sont pas épanchés sur le sujet pour les mêmes raisons que moi. Essayons donc de comprendre les raisons de ce désintérêt du staff, mais aussi de nombreux internautes pour ce nouveau mutant accouché par le gouvernement.

Le contexte anté-HADOPI 2

Pour bien comprendre les choses, replaçons les choses dans leur contexte. Il y a environ deux mois, très impliqués dans le sujet, plusieurs membres de l'équipe avaient organisé un petit « débat » afin de confronter leurs opinions sur l'HADOPI première du nom. Pour de très nombreuses raisons évoquées ci-dessous, nous étions plutôt dubitatifs sur le projet de loi.

Florian Mari

Il commençait par souligner que « la loi HADOPI couperait la connexion internet des personnes qui téléchargent », alors que « lorsque que l'on se connecte sur un réseau P2P, le serveur peut nous attribuer une fausse adresse IP », d'où un problème de fiabilité des preuves. Une loi disait-il, censée « sensibiliser les gens pour qu'ils arrêtent de penser que tout est gratuit ». Pourtant, soulignait-il « d'autres alternatives plus pédagogiques que couper la connexion internet auraient pu être envisagées, telles que la licence globale ».

Trent

Trent, pour sa part, faisant suite au problème évoqué par Florian Mari, disait que le logiciel espion permettant de prouver la bonne foi des suspects « était simplement impossible à mettre en place ». En effet, « il me suffirait juste d'avoir deux systèmes d'exploitation sur mon ordinateur et d'installer le mouchard sur un seul des deux, puis de télécharger avec l'autre pour ne jamais être accusé de téléchargement illégal ».

Florian (moi !)

Pour ma part, je trouvais normal de récompenser ceux qui nous proposaient des produits culturels de qualité. Je pensais toutefois qu'Internet permettait à des personnes n'ayant pas les ressources nécessaires pour consommer des produits culturels d'y accéder tout de même. S'il y avait donc une perte théorique, celle-ci n'existait pas dans la pratique. De plus, j'étais choqué par l'implication sans faille du ministère de la culture dans la défense de ce projet de loi, alors que je pensais que ce dernier devrait promouvoir l'accès à la culture au plus grand nombre, plutôt que d'essayer de ne favoriser son accès qu'aux élites.

L'après HADOPI 1

De l'euphorie...

A l'issue de plusieurs mois d'implication dans le sujet, via billet, éditoriaux et j'en passe, la débâcle subie par le gouvernement arrivait à point nommé. Si la première version avait été un véritable fiasco, c'était avant tout du fait de son entêtement, donc c'était mérité. Je pensais dès lors, comme de nombreux internautes, qu'un réel débat s'engagerait, et que toutes les questions primordiales auxquelles il convient de réfléchir pour régler ce problème seraient enfin évoquées. Que les mêmes erreurs ne seraient plus commises, en outre.

... à la douche froide !

Quelle ne fut donc pas ma déception de voir se créer une loi identique, en pire, avec une ligne de conduite des « décideurs » toujours aussi irrationnelle. Une vraie mascarade HADOPI 2 qui a fait prendre une douche froide à de nombreux internautes, dont moi.

Après réflexion, si je n'ai pas beaucoup évoqué le projet de loi, depuis la sanction du Conseil Constitutionnel de l'HADOPI première du nom, ce n'est donc pas tant par paresse ou méconnaissance du sujet, ni même par absence d'implication, même pas pour m'être fait couper ma connexion avant l'heure, mais plutôt par ressenti personnel. Une certaine lassitude, un sentiment que ce que le gouvernement veut, le gouvernement l'aura, quel qu'en soit le prix.

Après avoir évoqué le sujet avec Walex, j'en ai conclu que, lui aussi, ne vous avait pas informé sur le sujet pour les mêmes raisons : « j'ai suivi dans les grandes lignes mais je suis pas allé beaucoup plus loin, je suis tellement dégoûté que lire ou non ne changera pas ». Pareil pour cleofide.

CQFD

Finalement, la position se tient : pourquoi apporter tant de considération à une loi qui n'en mérite pas le quart, et qui, c'est sûr, mourra d'elle-même, aidée par son aberration et sa bêtise ? A quoi bon continuer à lister toutes les aberrations d'une loi d'une autre époque, face à un gouvernement qui fonce but en blanc et refuse d'entendre les avis censés qui proviennent de toutes parts ?

Et vous, qu'en pensez-vous ? Quel est votre état d'esprit sur ce nouveau monstre ?

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Ils ont dit...

n°1 - Ecrit par leroiarthur, .

Personellement, j'ai TOUJOURS acheté les titres musicaux que j'écoute. Souvent, c'est après l'écoute d'un titre sur la radio, que je l'achète. Il m'arrive souvent alors d'écouter le reste de l'album avec Spotify ou Deezer, et si ça me plaît, je prends le reste. Je découvre aussi beaucoup de groupes grâce à la foncion Genius d'iTunes, par exemple. Pour moi, j'ai vraiment l'impression de voler que je télécharge illégalement. Toutefois, ce qui me gêne dans cette nouvelle loi, c'est qu'elle ne servira probablement à rien. Comment voulez-vous surveiller tout le trafic du web français ? Il faut avouer que c'est difficile ! Ce projet est bourré d'aberration, comme l'obligation de protéger son réseau WIFI ! Dans la résidence où je passe mes vacances, le réseau est protégé par un simple code, que tous les locataires connaissent. Je suppose qu'en plusieurs années, des centaines de personnes ont pu s'y connecter, et parmi elle, forcément une au moins a déjà téléchargé illégalement ! Et ceux qui seront punis, ce sont les propriétaires de la résidence. Pourquoi ? Pour avoir proposé à leurs clients un accès Internet ?

n°2 - Ecrit par Teddy (Visiteur), .

Rang : Visiteur

Je pense que, même les artistes, ne savent plus quoi dire... C'est sûr que si eux-mêmes se mettaient à aller contre ce projet de loi, ça mettrait en porte-à-faux toute la majorité qui serait obligée d'accepter cette annulation...
Mais bon, inutile de compter sur qui que ce soit de toutes manières, nous sommes dans une société individualiste, et dans ce genre de société, la solidarité devient aussi utopique que dans 1984...

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