Net-Actuality

Hadopi 2 partie 2 : ... et la réalité ?

Hadopi 2 partie 2 : ... et la réalité ?

Dans la partie 1 de cet article, toujours disponible en cliquant ici, je vous présentais d'une manière assez simple et générale la loi HADOPI 2, dont on a beaucoup parlé au cours de ces six derniers mois.

A l'heure actuelle, si les médias et le gouvernement ne communiquent pas trop à ce sujet, c'est en grande partie parce que, le Parti Socialiste ayant saisi le Conseil Constitutionnel une nouvelle fois, ce dernier doit rendre sa décision, et ce avant la fin du mois. Pensez donc que dès que le Conseil aura rendu sa décision, la loi HADOPI 2 refera la une.

 

 

La réalité aussi simple ?


Un non-informaticien, ou l'utilisateur d'informatique et de l'Internet qualifié de "grand public" peut facilement penser que cette loi va pouvoir facilement et rapidement porter atteinte à tous ceux qui téléchargent des oeuvres numériques dont ils ne possèdent pas les droits. Or, dès que l'on s'attarde sur un échantillon des techniques que nous proposent aujourd'hui les réseaux informatiques, on se dit que la loi HADOPI 2 n'a peut-être pas pensé à tout, et surtout, aux capacités de ces réseaux.

Les connexions chiffrées ou le VPN

Pour ne pas rentrer dans les détails techniques, le VPN (Virtual Private Network), comprenez le Réseau Privé Virtuel, est un tunnel créé entre deux machines distantes permettant de transférer des données chiffrées entre ces deux parties. Ainsi, quiconque aurait accès à ces données ne pourraient les comprendre puisqu'elles sont chiffrées et que seuls les ordinateurs appartenant au VPN peuvent voir ces données en clair.

Dès lors, si vous aviez eu vent de cette technique ou si vous avez tout de suite compris l'idée, il suffirait aux internautes souhaitant télécharger illégalement (comme on le dit communément) d'utiliser une connexion VPN (vers un serveur étranger de préférence) pour ne pas être repérés.

Une fois relié à ce serveur, l'opération est totalement transparente pour vous (on constate seulement une petite perte de débit dans certains cas) : votre adresse IP est cachée, et que vous soyez sur un site de paris en ligne, Dailymotion, ou bien encore en train de télécharger illégalement, "personne" n'en saura rien, puisque toutes vos données seront chiffrées.

Ainsi, et ce n'est pas l'arrivée d'HADOPI qui a vu émerger ce genre de système, différents sites proposent déjà ce genre de service qui n'a rien d'illégal en France, étant donné que son utilité première n'est pas de permettre le transfert d'oeuvres numériques soumises aux droits d'auteur.
Il en existe des gratuits et des payants (généralement, ce sont des abonnements mensuels) et sont situés aux quatres coins de la planète : Allemagne, Suède, Pays-Bas, Canada, Grande Bretagne, États-Unis et j'en passe.
En voici une liste non exhaustive mais, seulement à titre d'information, pour vous montrer l'offre existante sur le marché :

itshidden.com/ ;
www.ipredator.se/beta/closed/ ;
www.cyberghostvpn.com/anonym_surfen.php ;
www.flashvpn.com/.

Le point noir que l'on peut trouver à cette solution est que désormais, vous confiez à des sociétés privées, via leurs serveurs, votre navigation et utilisation de l'Internet : il peut ainsi être facile pour eux de savoir ce que vous faîtes ou ce que vous avez fait. Bien évidemment, les services de VPN vous garantissent une confidentialité la plupart du temps : prenons exemple de Ipredator, cité plus haut et créé par l'équipe de ThePirateBay, qui annonce qu'ils ne fournira aucune donnée.

Il est pourtant vrai que le but premier de l'Internet n'est pas de centraliser son utilisation du réseau (voir à ce propos la conférence de Benjamin Bayart intitulé "Internet libre ou Minitel 2.0 ?"), et je vous conseille un bon article qui reprend notamment l'explication du fonctionnement de Ipredator et se pose cette question du (trop grand) pouvoir dans les mains d'une société privée : ttp://freakosophy.over-blog.com/article-31706176.html.

 

Le "mouchard" : le cacher dans un coin ?

On ne sait pas encore très bien comment sera géré la chose, mais pour les personnes affirmant ne jamais avoir téléchargé d'oeuvres numériques illégalement, il devrait leur être possible de prouver leur bonne foi en installant un logiciel (qui devrait être payant si l'on en croit les différents articles parus sur la Toile) sur leur ordinateur qui surveillera votre activité afin d'être sûr que ce que vous niez est bien vrai.

Sauf que plusieurs problèmes se posent déjà :

Le mouchard sera-t-il multiplateformes : autant, on ne doute pas qu'il sera disponible sous Windows, mais qu'en est-il de Linux et du Mac ? Dès lors, comment leurs utilisateurs pourront faire preuve de leur bonne foi, eux ? N'ont-ils pas ce droit ?
Si on possède un ordinateur assez récent, avec l'installation d'un Windows dans une machine virtuelle et du logiciel "mouchard" dans cette machine virtuelle, celui-ci surveillera l'activité réseau de la machine virtuelle, sans se soucier de ce qu'il se passera sur la machine hôte ;
Dans la même veine, mais encore plus radical : l'installer sur un autre ordinateur, ou sur un vieil ordinateur rangé dans le grenier, où on sait qu'on ne téléchargera pas à partir de celui-là.


Et si on part sur l'exemple des protections DVD qui sont, depuis bon nombre d'années, à chaque fois piratés, qui peut aujourd'hui affirmer qu'un "crack" ne sera pas disponible quelques mois, voire semaines ou jours après la mise à disposition de ces différents logiciels ?

 

Les newsgroups et leur option "SSL"

Autre point qui reste à définir : quels seront les moyens utilisés par les majors pour surveiller le trafic sur Internet mais, surtout, quels réseaux vont-ils surveiller ? Car sur Internet, il y a beaucoup de moyens de s'échanger des fichiers : pièce jointe de mail, serveur FTP, Peer-To-Peer, etc.. On ne le sait pas (encore ?), et il serait même possible qu'on ne le sache pas (ce qui pourrait paraître logique).

Moins répandu que les logiciels Peer-To-Peer, mais qui pourraient voir leur utilisation s'accroître dans les mois prochains en France, ce sont les Newsgroups.
Historiquement, les newsgroups sont comme les forums de discussion que vous fréquentez, sous forme d'articles et dont chaque article que vous envoyiez (à la manière d'un mail) est stocké sur un serveur. De nos jours, les newsgroups sont surtout connus pour transporter des fichiers, malgré le fait que leur objectif principal n'était pas basé sur ça : c'est pourquoi les fichiers se retrouvent alors séparés en plusieurs morceaux afin de rentrer dans un article.
Bien évidemment, c'est le sujet de cet article, des serveurs de newsgroups hébergent des groupes aux noms révélateurs "movies" ou encore "x360" (comprenez Xbox360) et proposent donc le "téléchargement illégal", comme le proposent donc les logiciels Peer-To-Peer.
Ces newsgroups nécessitent un logiciel "lecteur de nouvelles" afin d'être utilisés. L'un des plus courants se nomme Grabit.

Là aussi, on trouve des serveurs gratuits et payants, même si ces derniers sont très majoritaires. Dans ce cas, ils se diversifient par leurs formules : vous payez, selon un quota (volume de téléchargement), un abonnement mensuel ou bien un mélange des deux.

Et encore une fois, on en retrouve une grande liste que je ne vais pas retranscrire ici, mais plutôt vous citer les noms les plus connus : Giganews, UseNeXt ou encore UsenetServer.

Habituellement, les gens déclarent préférer ce moyen pour télécharger des données, car il est moins surveillé, plus rapide et plus sécurisé.
En effet, les newsgroups proposent aujourd'hui une option de plus en plus répandue dans leur abonnement, l'option SSL (du nom du protocole sécurisé utilisé). Et cette option SSL, vous devez bien la connaître, puisque c'est celle utilisé sur les sites d'achats en ligne ou bien encore sur le site de votre banque (les mots "https://" ou "certificat" vous diront peut-être quelque chose).
Ainsi, pour quelques euros de plus, vous pouvez profiter des services de certains groupes de serveurs de newsgroups de façon chiffrée et anonyme grâce à cette option SSL.

Une fois de plus, voici un nouveau moyen qui aura peut-être tendance à se démocratiser à l'arrivée d'HADOPI 2.

 

Le "direct download" et le "streaming"

Ce qui a peut-être le plus explosé au cours de ces derniers mois, ce sont les sites de "direct download" et de "streaming". Par direct download, il faut simplement comprendre le téléchargement direct d'un fichier sur un serveur : le principe est en fait exactement le même que lorsque vous allez télécharger un fichier quelconque sur n'importe quel serveur.

Le plus souvent, les sites qui recensent ces liens ont le même rôle que les sites Bittorrent ou annuaires de liens eMule (pour ne citer que ce logiciel P2P) : ils répertorient les endroits où vous pourrez trouver tel ou tel fichier. Et ne nous voilons pas la face, une fois encore, les fichiers concernés ne sont nuls autres que des films, jeux vidéos ou bien encore magazines.

Si on devait trouver des "responsables" dans cette montée en puissance du direct download (souvent appelé DDL), on se tournerait rapidement vers RapidShare, MegaUpload ou tout autre genre de sites qui proposent, en quelques clics, l'envoi de fichiers vers leurs serveurs ainsi qu'un téléchargement encore plus simple.

En parlant de Megaupload, ce dernier a aussi créé une petite "révolution" dernièrement, car lorsqu'un fichier vidéo "*.avi" est envoyé sur son serveur, vous vous retrouvez sur une page pour le télécharger. Sur cette même page, vous avez un lien vers un site de la même société : "Voir chez Megavideo". Et Megavideo vous permet de... voir le fichier vidéo en streaming.


Le streaming : kezako ? C'est tout simplement un lecteur vidéo dans une page Web qui vous permet de voir une vidéo. Là aussi, on retrouve des annuaires de liens recensant les sites où on peut voir diverses vidéos, très souvent protégées par le droit d'auteur : films, documentaires, spectacles, etc. . En deux clics, le tour est joué : le premier clic pour choisir ce que vous voulez voir, le second pour cliquer sur le bouton "Lecture".

A ce propos, une étude l'a très récemment prouvée : les internautes délaissent le Peer-To-Peer au profit du streaming.

Et là aussi, on peut considérer que la loi HADOPI 2 a peut-être, avant même d'être entrée en vigueur, au moins un train de retard par rapport aux tendances actuelles.

 

Conclusion

Je n'ai évidemment pas cité toutes les techniques aujourd'hui mises en place pour s'échanger, sur Internet, des fichiers dans l'anonymat. Vous pourrez ainsi tomber sur de nouvelles solutions logicielles ou matérielles à travers vos différentes recherches.

Mais lorsque l'on est un utilisateur avisé de l'informatique et de l'Internet, on comprend mieux pourquoi certains sourient, voire même s'esclaffent à la vue d'une telle loi : ils se disent tout simplement qu'ils ont déjà quelques années d'avance... ou la loi quelques années de retard.


Le gouvernement français s'y prend-il de la meilleure des manières pour essayer de ralentir voire faire disparaître le téléchargement "illégal" d'oeuvres numériques sur Internet ?

On pourra avoir très prochainement une réponse si le Conseil Constitutionnel rend un avis favorable à la loi et si aucun autre obstacle ne vient entraver le chemin de cette loi vers sa promulgation...

Flux RSS des derniers billets publiés.

Ils ont dit...

n°1 - Ecrit par remouzhttp://www.net (Visiteur), .

Rang : Visiteur

Salut,

En ce qui concerne les newsgroups, je trouve que c'est une réelle alternative au P2P.
 

n°2 - Ecrit par leroiarthur, .

Selon moi, c'est surtout une mesure politique, dont l'objectif est avant tout de faire peur... Et vu tous les systèmes de cryptage d'adresse IP existant, on peut facilement contourner ces problèmes.

n°3 - Ecrit par smallseb, .

Une fois de plus, bon article... il résume bien l'ensemble des enjeux du P2P et des avances considérables qu'ont les internautes sur l'ensemble des lois qui sont votées en matière de numérique et protection des droits d'auteurs. 
La question qui se pose pour les VPN, qui est pour moi la solution la plus viable à long terme, pose effectivement ce problème d'éthique; cependant , il me semble que dans les newsgroup pour lesquels les connexions sont cryptées reviennent au même; qu'est ce qui empêche un utilisateur de créer des répertoires /sous répertoires de pédopornographoie ou de violence immodérée? Pas grand chose. 
Pour les créateurs d'ipredator,  la solution aux problèmes de terrorisme ou de pédopornograhie sont traités comme ceci: 
"If Swedish authorities can prove beyond reasonable doubt that they have a case for demanding subscription information from Ipredator (they have to be of the opinion that if convicted the user will be imprisoned – fined not enough). .

Ipredator then have to hand over the subscription information entered by you (but that's all). Ipredator do not store any subscribtion information about you except what you entered yourself when signing up for the Ipredator Safe Surf service.

For Swedish authorities to force Ipredator to hand over “traffic data” including your Ipredator IP at a specific point in time, they will have to prove a case with the minimum sentence of two years imprisonment.

Regarding inquires from other parties than Swedish authorities Ipredator will never hand over any kind of information."
LE même cas de conscience c'est posé pour "Ipodah", la version francaise de Ipredator, traité dans ce post, sur leur blog... 
blog.ipodah.net/2009_05_01_archive.html

n°5 - Ecrit par karine99 (Visiteur), .

Rang : Visiteur

Saviez-vous que l'utilisation d'un VPN est un procédé légal et le moyen le plus sûr de contourner Hadopi?

J'utilise un VPN depuis un mois, et il fonctionne très bien sur Windows 7, Vista & XP.
Ça fait 1 mois que je télécharge sans aucun problème.

Contrairement à d'autres proxys et VPN, celui que j'utilise a un encryptage de 128/256 Bit avec un mode sécurisé intégré, afin que votre IP ne soit jamais révélée. Les serveurs sont protégés grâce à un antivirus, un anti-logiciel malveillant, un anti-hameçonnage et un firewall. Il comprend des serveurs rapides dans plus de 20 pays, fonctionne à 99,99% du temps, et vous pouvez changer facilement d'un IP à un autre. Ce logiciel démarre automatiquement au démarrage du PC et est simple à utiliser. Il possède beaucoup d'autres options.

n°6 - Ecrit par ben (Visiteur), .

Rang : Visiteur

J'ai essayé Ipredator, et il n'a pas tout ce qu'il faut. La vitesse était trop lente, et sans appui. Je vais maintenant utiliser VPN4ALL. Il est super rapide, facile à utiliser, et le support en direct est tout simplement superbe !

Flux RSS des derniers commentaires publiés sur le billet.

Ajouter un commentaire

En vous enregistrant en tant que membre, vous vous assurez d'avoir votre propre pseudonyme réservé, tout en n'ayant plus à saisir de code de sécurité ni de pseudo. En postant un message, vous déclarez accepter nos conditions générales d'utilisation.

Captcha :Si vous voyez les champs suivants, veuillez ne surtout PAS LES COMPLETER. Ce test vise à nous protéger des robots spammeurs.
Mémoriser mes identifiants : Sauvegarde votre pseudo et votre adresse e-mail, afin que n'ayez plus à les resaisir ultérieurement.