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Les réseaux sociaux et la vie privée : compatibles ?

Les réseaux sociaux et la vie privée : compatibles ?

Que l'on connaisse de près les nouvelles technologies ou non, qu'on lise la presse spécialisée ou non, il y a très peu de chances, à l'heure actuelle, que l'un d'entre vous n'ait jamais entendu parler des réseaux sociaux.

Qu'entends-je exactement par "réseaux sociaux" ? Facebook ou Twitter, pour ne citer que ceux-là... Ah, là, je vois qu'on commence à comprendre de quoi je parle.

Présentation de deux réseaux sociaux


Il y a Facebook...

 

D'un côté, on a Facebook : très prisé par les adolescents et autres adultes, certains feront facilement le rapprochement de la communauté Facebook avec la communauté des personnes qui, il y a encore deux trois ans, utilisaient encore Skyblog.

 

 

Le principe est simple : on s'inscrit pour y créer un profil où l'on peut renseigner un très grand nombre d'informations, du quartier d'origine à la situation amoureuse en passant par les opinions religieuses et politiques. Identifiable par notre nom et notre prénom, on possède alors une page avec notre profil, une liste d'amis et un mur.
La liste d'amis s'enrichit grâce à un moteur de recherche qui permet à quiconque connaissant vos nom et prénom de vous retrouver sur Facebook (dans les paramètres du compte par défaut) et ainsi vous envoyer des messages ou vous demander de vous ajouter en tant qu'ami.
Et puis il y a ce que Facebook appelle un "mur" : une page où vous pouvez poster vos statuts d'humeur, où vous pouvez partager des liens, des vidéos ou encore des image s et où les amis de votre liste d'amis peuvent venir vous poster des messages.

Facebook est encore doté d'un tas de fonctionnalités, et je ne saurais être exhaustif sur ce simple billet pour tous vous les décrire.

 

... et il y a Twitter


Ici, on passe sur un autre type de réseau social, dont il est possible que vous n'en ayez encore jamais entendu parler.

Il faut dire qu'en France, son utilisation est encore loin derrière Facebook, mais l'attirance de nombreuses célébrités pour ce réseau social a tendance à ramener de plus en plus de monde sur ce site.

 

 

Twitter, le principe est encore plus simple que sur Facebook : une fois que vous êtes inscrits, vous avez une page avec votre pseudo et, si vous le souhaitez, un avatar vous représentant, et vous pouvez envoyer des messages sur votre page. La particularité de ces messages, qui font le succès de Twitter : ils sont limités à 140 caractères, comme les SMS. C'est ce que l'on appelle un site de "micro-blogging" : ça peut se rapprocher des billets que vous faites sur un blogue, mais vous êtes bien plus limités en caractères que sur un blogue.

Aux États-Unis, on retiendra surtout le nombre important de célébrités communiquant grâce à ce réseau social, permettant ainsi à leurs fans de pouvoir suivre encore plus instantanément l'actualité de leurs célébrités qu'avant.
En France aussi, le phénomène gagne petit à petit les célébrités et c'est ce qui permettra sûrement à un grand nombre de personnes de connaître et d'adopter Twitter.

Pour parler avec le langage de Twitter : vous publiez des tweets (messages de 140 caractères) que vos followers (les personnes qui ont décidé de vous suivre et donc lire vos tweets) verront sur leurs pages. On peut "suivre" plusieurs personnes comme plusieurs personnes peuvent nous suivre.

Ici aussi, l'usage des "Tweets"  est multiple : il peut agir comme un flux RSS et donc donner en direct les dernières actualités publiées sur un site (exemple : le twitter de Net-Actuality), il peut agir comme un simple moyen de raconter sa vie ou bien encore de partager des découvertes (liens, photos ou autres vidéos).

 

 

Le respect de la vie privée

 

Alors diffuser des informations personnelles sur Internet de la sorte, c'est une banalité pour certains, c'est quelque chose d'inimaginable pour d'autres. Les uns vous diront qu'ils n'ont rien à cacher, que de toute façon ils ne diffusent pas non plus d'informations extrêmement confidentielles et qu'ils en disent autant sur Internet qu'à la machine à café, tandis que les autres seront plus (trop ?) prudents, vous avançant que centraliser autant d'informations personnelles sur un serveur quelque part dans le monde est quelque chose de dangereux, de très risqué et que la société qui administre ce serveur pourra faire ce qu'elle veut des informations à sa disposition.

Bon, à moins d'un acte de piratage assez conséquent, on voit mal Facebook ou Twitter livrer voire vendre vos informations confidentielles à des tiers étant donné que ça créerait un scandale mondiale et que c'est tout ce dont ils n'ont pas besoin pour leurs images de marque.

Mais d'un point de vue plus restreint, du côté de la sphère privée, n'est-ils pas exempt de tout danger que de donner autant d'information sur sa vie privée sur Internet ?

Ce qu'il faut savoir, c'est que dans l'un ou l'autre des cas, on reste maître de ce que l'on diffuse, et surtout, à qui on le diffuse.

Twitter

Du  côté de ce site de micro-blogging, dans les paramètres de notre compte, on n'a pas à proprement parlr de rubrique "Vie privée" ou "Confidentialité."
Mais, car il y a toujours un mais, une petite case à cocher intitulé "Protect my tweets" permet néanmoins de se protéger un tant soit peu. En effet, par défaut, tous les tweets que vous publiez sont visibles par tous, inscrits ou non à Twitter. Mais grâce à cette case à cocher, vous pouvez choisir de protéger vos tweets et ainsi décider de qui sera autorisé ou non à les lire. Ainsi, lorsque quelqu'un voudra vous "follow", une demande vous sera expédiée et vous pourrez l'accepter ou non dans votre liste de "followers".

Alors oui, vous verrez ci-dessous que les paramètres de protection de son compte ne sont pas aussi développés que sur Facebook, mais ce qu'il ne faut pas perdre à l'esprit, c'est que Facebook est vraiment fait au départ pour regrouper un bon nombre d'informations personnelles voire très personnelles sur soi, tandis que sur Twitter, les informations les plus personnelles que vous pouvez partager (en dehors des tweets) sont vos nom et prénoms ainsi que votre localisation : on comprend dès lors que c'est pas sur Twitter qu'il faudra se tourner en priorité si on veut vraiment partager des informations personnelles sur Internet.

 

 

Facebook

Autant sur Twitter, vous inscrivez ce que vous souhaitez dans les tweets mais vous n'êtes pas obligés d'entrer dans votre profil des informations personnelles, autant sur Facebook, c'est bien plus qu'une carte d'identité virtuelle que l'on vous propose de partager.
Pour ne citer que ceux-là, voici les champs du profil que vous pouvez renseigner : date de naissance, orientation sexuelle, activités, coordonnées postales et téléphoniques, établissements scolaires fréquentés ou encore opinions politiques et religieuses.
Celui qui souhaite donner de ses nouvelles à sa famille éloignée ou à ses anciens camarades de classe aura l'occasion de le faire avec Facebook, et même d'en dire bien plus.

Bien évidemment, si Facebook permet de renseigner autant d'informations, il se devait d'y avoir une partie dans les paramètres du compte intitulé "Confidentialité".
Grâce à cette section de la page "Paramètres", on peut décider qui peut nous rechercher, qui peut nous faire une demande d'amis, qui peut nous envoyer des messages, qui peut voir notre mur, qu'est-ce qui sera affiché à notre mur, quelles informations laisse-t-on passer aux applications (des jeux ou des tests, par exemple), et encore beaucoup d'autres options.
Et là aussi, vous êtes le seul à décider de votre liste d'amis et des messages que vous publiez sur votre mur.

L'effort de Facebook pour protéger votre vie privée n'est pas négligeable, et quiconque s'y intéresse après la création de son compte peut rester maître des informations qu'ils diffusent et ainsi éviter de mauvaises surprises.

 

Ainsi, du côté du respect de la vie privée, on ne peut pas dire que Facebook et Twitter se laissent aller puisque chacun propose un éventail d'options permettant à chacun de contrôler qui aura accès à quelle information.
Le seul reproche que l'on pourrait leur faire serait de ne pas obliger l'utilisateur à passer par ces réglages de compte avant de pouvoir effectivement utiliser le service.

 

 

Les histoires embarrassantes... mais pour qui ?

 

Mais ce que je vous ai décrit plus haut, en ce qui concerne les paramètres de confidentialité, ne suffit pas à être protégé à 100 %.
La faute de Facebook et Twitter ?
Voici trois histoires embarrassantes pour les propriétaires du compte et on verra que, contrairement à ce que certains pourraient penser, Facebook et Twitter ne sont pas les fautifs dans l'histoire... loin de là.

 

Le "portrait Google" du magazine "Le Tigre"


À l'occasion d'un numéro de son magazine, la rédaction du "Tigre" a décidé de dresser le "portrait Google" d'un inconnu pris au hasard sur le net dans le but de montrer que les informations que l'on met sur Internet peuvent, une fois accumulée, en dire beaucoup plus que ce que l'on pouvait s'imaginer.

 

 

Ils ont tout d'abord commencé à piocher un inconnu au hasard, au détour d'une photo de voyage trouvée sur Flickr (site de partage de photos).
Et puis, de fil en aiguille, grâce aux quelques dizaines de milliers de photos trouvées sur Flickr, et aux différentes informations laissées à la vue de tous par cette personne sur Facebook, ils ont pu retracer un nombre assez important de sa vie : ses nom et prénom, évidemment, sa ville, ses études, son emploi, ses petites amies, leurs amis et leurs animaux, leurs vacances et encore un grand nombre d'informations.

La seule "entrave" que l'on peut considérer qu'ils aient faite et qu'ils ont demandé à une amie de cette personne de les ajouter en tant qu'ami sur Facebook, et ainsi accéder à son mur pour avoir plus d'information sur le principal intéressé.
Mais Marc n'ayant pas dit oui à l'ajout d'ami, la rédaction a voulu lui répondre par un mensonge afin de le mettre en confiance mais ils n'ont pas eu besoin car, au moment de l'envoi du message, Facebook les a prévenus : "Si vous envoyez un message à Marc L***, vous lui donnez la permission de voir votre liste d'amis, ainsi que vos informations de base, de travail et d''éducation pour un mois." . La réciproque étant vraie, ils n'ont pas eu besoin d'aller plus loin et ont ainsi pu accéder aux informations de base de cette personne.

 

Je vous invite à lire à l'adresse suivante l'article en entier pour voir à quel point ils ont réussi à collecter des informations sur sa vie aux détours de différents sites (mais principalement Facebook et Flickr) : www.le-tigre.net/Marc-L.html.



Alors je vous l'accorde, on est ici dans le cas extrême où la personne publie des photos sur Flickr de façon publique et rend ainsi la tâche un peu plus facile pour la rédaction du magazine.
Mais, on a pu voir que grâce aux informations très précises laissées sur Facebook et à la non-méfiance de certains amis qui acceptent des inconnus en tant qu'ami, on peut collecter beaucoup d'informations sur la vie d'une personne.

Et il ne faut pas perdre à l'esprit qu'on en parle actuellement beaucoup dans les médias, une technique apparemment utilisée par certains recruteurs pour en savoir plus sur les candidats à un poste.

Donc quelquefois, on a beau se croire à l'abri sur Facebook car on a pas d'inconnu dans notre liste d'ami, mais cette précaution n'est pas la seule à adopter si on veut laisser filtrer le moins d'informations personnelles possible et sûrement que ce "Marc L****" ne saurait que bien vous conseiller actuellement sur ce qu'il ne faut pas faire, notamment sur Facebook.

 

Les employés de Twitter "piratés"

 

Plus récent, je vous parle d'une actualité déjà publiée sur Net-Actuality sous le titre de https://www.net-actuality.org/billets/118-piratage-de-twitter-l-histoire.html.

Korben, célèbre blogeur français, a reçu un mail d'un certain "Hacker Croll" racontant, copies d'écran à l'appui, comment il a piraté le compte d'employés de Twitter dont le directeur.

Comment a-t-il réussi ? Tout simplement en devinant la réponse à la question secrète du compte mail du directeur de Twitter. Dès lors, il a réitéré ça avec plusieurs autres employés, dont l'épouse du directeur.
Malheureusement pour le directeur, il n'est pas tombé sur la boîte mail anodine que l'on remplit de spam : c'était celle qui gérait ses informations confidentielles tant d'un point de vue de l'abonnement mobile, par exemple, que d'un point de vue de l'administration de Twitter.
Fort heureusement pour Twitter, "Hacker Croll" n'est pas malveillant et son but était simplement de montrer que les utilisateurs avancés tels que le directeur de Twitter ne sont pas plus à l'abri qu'un utilisateur novice.

Mais je ne vais pas conclure tout de suite sur ce genre de piratage puisque la troisième et dernière histoire que je vais raconter est fort semblable à celle-ci.

 

La démoniaque Britney Spears ?


Et là, on va parler de très récent puisque l'actualité est parue hier sur la toile.

Comme je vous disais plus haut, les célébrités ont vite adopté Twitter le rendant ainsi plus attractif aux yeux de certains. Et quand je dis célébrité, je parle par exemple de cette chanteuse américaine qu'est Britney Spears, connue à travers le monde.

 

 

Hier dans la journée, le Twitter officiel de Britney Spears affichait des tweets où Britney rendait gloire à Satan et où elle espérait l'arrivée prochaine du "Nouvel Ordre Mondial".
Sa photo et son fond d'écran avaient été également modifiés, affichant ainsi des symboles des "Illuminati".

Il n'en fallait pas plus pour que le web parle de piratage du compte Twitter de Britney Spears.
Et en effet, en rentrant chez lui, ce même Korben que celui cité plus haut avait reçu du soir même un email anonyme présentant les preuves de ce piratage.

Si l'on en croit cet e-mail anonyme, le pirate aurait tout simplement (une fois de plus me direz-vous) deviné la réponse à la question secrète de l'une des boîtes mails de Britney Spears.
Cette adresse mail, à la vue des dates des derniers mails reçus (2008 dans la majorité et mars 2009 pour le dernier), n'était que très peu utilisé par la chanteuse ou son attaché de presse. Mais malheureusement pour la chanteuse, c'était cette adresse mail qui avait été utilisée pour la création du compte MySpace et du compte Twitter.
Deux demandes de changement de mot de passe plus tard, il a alors pu faire ce qu'il voulait sur les deux comptes et donc faire passer des messages qui pouvaient ruiner l'image de la chanteuse.

Pour l'anecdote, une fois qu'un employé de Twitter a remarqué des agissements bizarres sur le compte de la chanteuse, il a envoyé une réinitialisation du mot de passe sur la même adresse mail... que le pirate aurait une nouvelle fois récupérée.

 

 

Ce qu'il faut en retenir

 

Premièrement, du côté de Facebook, on voit que la moindre action que l'on réalise peut avoir des conséquences importantes sur les informations que l'on divulgue de notre profil.
La première chose à faire lorsqu'on crée un compte Facebook (ou après avoir lu cet article), c'est de passer du temps dans les paramètres du compte et plus particulièrement dans la partie "Confidentialité". C'est cette dernière qui va nous permettre de contrôler le plus possible ce qu'on veut laisser filtrer comme information ou non. Facebook n'y est réellement pas allé de main morte, et nous propose des réglages assez avancés.
Ce ne sera pas une perte de temps que d'y quelques minutes afin d'être sûr de l'ouverture que l'on donne à son cercle privé.

 

Deuxièmement, et ce qui se révèle de plus en plus vrai, que ce soit pour Facebook, Twitter ou n'importe quel autre compte le demandant, c'est la question secrète.

 

 

Est-elle réellement efficace ? On est de plus en plus en droit de se poser la question.
C'est simple : avec l'essor de Facebook et Twitter, on révèle de plus en plus d'informations, et il suffit qu'une personne mal-intentionnée "passe par là", intercepte LA bonne information et voilà qu'elle pourra alors répondre à la question secrète de votre compte.

Sur les deux exemples précédemment cités, nous ne sommes pas sur la question secrète d'un compte anodin, mais bel et bien sur celle donnant accès à un compte mail.
Et comme la grande majorité des personnes, c'est toujours la même adresse email qui est renseignée lors de l'inscription à différents sites, rendant ainsi encore plus important le danger de se faire pirater ce compte mail.

Dès lors, quelle solution peut-on envisager ? Si sur Internet et dans la vie de tous les jours, vous parlez très peu à d'autres êtres humains, il est fort possible que personne ne puisse résoudre votre question secrète. Mais ces cas doivent être extrêmement rares, et c'est pourquoi il faudrait peut-être préconiser la non-utilisation de la question secrète (vous renseignez de fausses valeurs).
Ou, pour ceux qui trouvent cette question secrète terriblement efficace étant donné qu'ils perdent souvent leur mot de passe, et qu'ils ne veulent pas le confier à un logiciel "coffre-fort" (qui garderait tous les mots de passe en échange d'un unique mot de passe pour ouvrir ce logiciel), il faudrait alors penser à changer d'adresse mail à chaque inscription.

 

Enfin, n'oubliez pas qu'à l'heure des Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux, votre vie privée est de plus en plus facilement consultable et de plus en plus facilement atteignable si vous ne prenez pas les mesures nécessaires pour la protéger.

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