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Test : Half-Life ²

« Réveillez-vous monsieur Freeman, réveillez-vous... »

6 années se sont écoulées depuis la sortie du premier opus d'Half-Life, et cette fois, après les nombreux retards que Gordon s'est permis, il reprend enfin du service ! Nouveau moteur graphique, gameplay plus poussé... Qu'apporte donc le retour du scientifique maniaque de la gâchette ? Avec tout ce temps passé à baver sur des captures d'écran et des vidéos, aujourd'hui, c'est le grand jour !


L'histoire:


Six ans se sont écoulés depuis les incidents de Black Mesa, et force est de constater que la face du monde a bien changé. Alors que vous pensiez l'avoir vraiment sauvé, malheureusement, le gros du boulot est encore à faire. Une organisation d'Extraterrestres a en effet pris le contrôle de la terre au cours de la guerre des sept heures. Les humains vivent à présent sous une dictature pire que le 3e Reich où les cités ressemblent plus à des camps de concentration qu'à quelque chose d'humainement supportable. Quant au docteur Wallace Breen, il a été déclaré représentant de l'humanité par l'organisation Extraterrestre, et contrôle ainsi le Cartel, et donc les humains. Breen s'en donne à cœur joie : discours de propagande diffusés continuellement dans les cités sur écrans géants, répression par la force et la torture, privation des libertés fondamentales, suppression du cycle de reproduction des humains, rationnement de la nourriture, etc.

La terre a donc bien changé, et la faune que nous connaissions a peu à peu été détruite, pour ne pas dire quasiment anéantie, par les créatures de XEN que le Cartel a laissées s'implanter sur Terre.

Préparez-vous donc à sauver une fois de plus le monde des griffes des méchants !


Première partie : configuration, installation et déverrouillage des fichiers.


Pour la sortie de son bébé, on peut dire que Sierra et Valve nous ont gâtés ! Il faut déjà prévoir un peu de temps avant de pouvoir commencer les choses sérieuses : ouverture de la boîte, et surprise, pas de manuel ! Une simple fiche de raccourcis clavier, avec au dos quelques informations pour l'installation. La clef collée sous l'emplacement du DVD, et c'est tout, même pas de goodies pour le retard ! Qu'à cela ne tienne, moins de choses à lire (enfin, moins de temps pour chercher les informations surtout !)



On insère en vitesse la galette dans le lecteur. On l'installe, et deuxième surprise : on commence directement avec une mise à jour de Steam et... un déverrouillage des fichiers. Pour ceux qui n'ont pas encore internet, courrez vite chez un ami avec votre PC sous le bras, autrement vous ne pourrez pas jouer !

Configuration minimale et configuration recommandée

La configuration minimale est plutôt accessible : processeur de 1.2 GHz, 256 MO de RAM, lecteur DVD, carte graphique DirectX 7 et Internet... Cependant avec ceci vous n'irez pas bien loin ! Et pour ne rien vous cacher, le jeu sera vraiment horrible. Préférez donc au jeu une bonne configuration... Il serait en effet dommage de massacrer le travail effectué par les développeurs.

La configuration recommandée est cette fois-ci un peu plus gonflée : 2.4Ghz pour le processeur, 512 de RAM, lecteur DVD, carte graphique DirectX9, et toujours Internet.

Le test sur un Pentium 4 de 1.5Ghz, doté de 768Mo de RAM et une Geforce 4 TI 4200 n'est pourtant que peu concluant : petits freezes assez fréquents, avec la quasi-totalité des options graphiques sont désactivées ou configurées au minimum afin de garder une fluidité assez correcte.

Pour notre part, nous avons testé le jeu sous un processeur Athlon 64 X2 4800+, disposant de 2Go de RAM, et accompagné d'un crossfire de cartes X1900XTX et X1900. Au moins, on oublie les freezes, on fait péter les FPS, et... c'est parti !

Alors debout monsieur Freeman, debout...

Après un premier chargement, nous voici au menu principal. Contrairement à la sobriété du fond noir d'Half-Life premier du nom, nous avons ici droit à une vue 3D animée et en temps réel de Cité 17, ville où se trouve la citadelle, le QG du Docteur Breen.
On y est ! Un simple clic sur « nouvelle partie », et on pourra enfin commencer !


Graphismes et physique

Parmi les nouveautés donc, le moteur graphique ! Et l'on peut dire une chose, c'est qu'il est réussi. En effet, peu de bogues ont été repérés au cours de ce test, pour ne pas dire aucun ! L'environnement dispose quant à lui d'un niveau de détails particulièrement surprenant. Les reflets dans l'eau sont d'ailleurs gérés à merveille, tout comme la luminosité.





Afin de pousser le vice encore plus loin, Valve nous a même concocté quelques petits effets fort sympathiques. Par exemple, on remarquera que la lumière est déformée en fonction des milieux qu'elle traverse... ou encore une loupe qui agira de façon très réaliste, tout comme une porte vitrée. N'oublions pas non plus le cylindre en verre rempli d'un liquide un peu bizarre.
Les textures ne sont pas en reste. Contrairement à beaucoup de jeux, celles-ci évitent en effet l'effet plastique que nous pourrons par exemple retrouver dans DOOM3, et il faut avouer que ce n'est pas du luxe. D'une part, cela ajoute une touche vraiment plus réaliste, et d'autre part, c'est visuellement plus agréable.

Ce sont donc des effets concoctés aux petits oignons auxquels nos yeux ont le droit ! Et encore, ici, ce n'est que du visuel !

Eh oui ! La physique suit le graphique. En effet, contrairement à son successeur, Half-life 2 nous permet d'accéder à un autre stade de la physique. Ainsi, les vitres se brisent vraiment là où vous tirez, et vous pouvez même observer qu'elles ne se brisent pas totalement d'un coup. Ainsi, plusieurs impacts dans une seule baie vitrée peuvent tout à fait la laisser sur place, jusqu'à ce que le reste tombe à cause d'une balle de trop. Mais bien sûr, son application ne se limite pas au seul bris de glace et peut prendre une part importante dans le jeu !
Grâce à cette gestion de la physique, l'interaction avec les objets prend une tout autre dimension. Entre le bris d'une planche qui vous gêne le passage, et la destruction d'une plate-forme sur laquelle sont postés quelques ennemis du Cartel, il n'y a qu'un pas, qui est d'ailleurs rapidement franchi !
Le système de simulation de gravité est d'ailleurs particulièrement au point. Une planche basculant sur un tuyau peut se transformer en passerelles en lestant le bon côté avec des parpaings, par exemple ! De plus, cela nous permet d'obtenir des explosions vraiment réalistes, et c'est toujours un bonheur de voir les grands méchants armés jusqu'aux dents projetés puis écrasés sur un mur, avant que quelques fûts ne leur retombent dessus !

Cependant, nous remarquons, hélas, quelques limites au moteur physique, qui gêneront plus dans le contrôle des mouvements et des interactions.

Contrôle, mouvements et interactions

Ici, pas de grande nouveauté. La combinaison pour environnement hostile reste quasiment la même, mais nous retrouvons en plus un mode « sprint » qui était absent sur Half-Life premier du nom. Ce mode est vraiment un sprint et ne dure que quelques petites secondes... le temps de s'éloigner ou de se cacher d'un ennemi un peu récalcitrant... ou encore le temps de recharger. Le contrôle du personnage est similaire à celui de tout FPS digne de ce nom.




Pour le contrôle des véhicules, c'en est autrement. Fini les trains qui ne disposent qu'une marche avant et une marche arrière. Valve nous laisse ici beaucoup plus de possibilités en nous fournissant un aéroglisseur et un buggy, deux véhicules qui répondent très bien aux contrôles du moment lorsqu'ils sont sur un terrain plat.
Lors de sauts, l'aéroglisseur valdingue dans tous les sens et il est bien souvent dur de savoir comment on va atterrir. Heureusement, celui-ci arrive toujours plus ou moins dans le bon sens et peut repartir aussitôt. Cela pose principalement problème dans les séquences assez rapides où l'on doit zigzaguer entre des piliers de pont, sauter par-dessus des restes de tunnels, ou encore prendre un tremplin après un saut un peu dur à négocier.

Le buggy, lui, n'a pas l'avantage de toujours arriver à l'endroit, et pourra même se retourner facilement ! Ce défaut oblige parfois à s'extirper du véhicule afin de le remettre sur ses roues, ce qui n'est pas toujours aisé à cause de la faune locale qui vous assaillit alors de tous côtés. Celui-ci se dote de surcroît d'un turbo et d'une arme dès que vous commencez à le piloter, contrairement aux précédents véhicules qui n'ont pas de turbo et n'ont une arme que sur la fin de la période. Le turbo du buggy est cependant à utiliser avec parcimonie : il affecte beaucoup le contrôle du véhicule et le rend souvent peu contrôlable, surtout lors de virages...

Les armes, quant à elles, ont vu s'opérer de légers changements. Le traditionnel pied-de-biche est là, et ses amis glock, colt et mitrailleuse légère et shoot-gun également.
Cependant, on voit apparaître de nouvelles armes, dont une particulièrement intéressante : le fusil antigravité... Vous savez, la super arme orange que l'on voit apparaître à maintes reprises dans la vidéo... C'est surtout à ce niveau-là que le gameplay change !
C'est en effet grâce à l'antigravité que tout objet qui n'est pas fixe (radiateur, bidon, poutre, armoire, WC, etc.) peut se transformer en arme mortelle (un radiateur à grande vitesse dans la face, ça ne fait jamais de bien ! ). Aussi, certains objets tels des lames de scie circulaire deviennent des outils assez... fantastiques et permettent de découper les ennemis de façon assez réaliste (et c'est encore mieux lorsqu'ils sont plusieurs alignés) !
Autre avantage : pas besoin de zigzaguer entre les diverses munitions au sol, il suffit de les attirer vers vous.

Gameplay

Half-Life² n'apporte pas de grandes innovations sur le Gameplay. Celui-ci reste linéaire, et vous êtes dirigé tout au long du jeu. Très peu d'endroits offrent des possibilités de se simplifier la tâche, mais il est toujours simple de se la compliquer !
Le déroulement est identique à celui de Half-Life : avancez, tuez, appuyez sur deux boutons, tournez une vanne, avancez, tuez, etc. Comme vous le devinez, les casse-tête à la Black Messa sont encore présents. Les fans du premier opus en seront ravis, mais l'habitude du premier opus simplifie la tâche. En général on sait quoi chercher et où le chercher dès qu'une « énigme » se pose.

Ici, c'est surtout la physique qui nous apporte de nouvelles choses ! Il est beaucoup plus sympa de faire exploser une passerelle pour tuer des ennemis situés sur ou sous cette passerelle que de devoir se les faire un à un. En plus, une explosion met toujours un peu de piment dans le jeu. Vous vous rendrez donc rapidement compte que dans beaucoup de situations, et si vous agissez avec votre tête plus vite qu'avec votre gâchette, vous n'aurez pas à tirer 200 fois sur chaque ennemi pour le tuer. Il sera en effet beaucoup plus simple de faire exploser le baril d'explosif à côté de lui, sa passerelle, ou tout autre objet à sa proximité qui pourrait lui retomber sur le coin de la figure. En plus, l'antigravité vous aidera à fond dès que vous le posséderez !



L'intelligence artificielle est, elle aussi, assez aboutie. En effet, l'intelligence des ennemis varie beaucoup en fonction de leur nature, et les membres du cartel peuvent parfois avoir des réactions surprenantes.
Nous trouvons donc différents niveaux d'intelligence : du boulet de base, alias l'humain, qui s'est fait bouffer par un Headcrab et qui tente de tuer tout ce qui passe à sa portée et ne réfléchira pas (ce qui est bien utile et donne l'occasion de se faire de véritables boucheries, comme vous le verrez dans la série de capture d'écran ci-dessous). De l'autre côté du ring, l'humain modifié du cartel, qui évite vos pièges, se cache pour vous tirer dessus, contourne les maisons et vous plombe les fesses à travers les vitres et utilise ses grenades avec ingéniosité . Au milieu, le « mini-boss » alias hélicoptère apache. Enfin, les Striders, ou toute autre grosse bestiole un peu dure à plomber, pour qui les mouvements sont bien souvent scriptés à mort.

Multijoueurs

C'est sur ce point que Half Life² nous déçoit le plus. Le mode Half-Life DeathMatch n'est pas au rendez-vous sur le DVD. Il faut ainsi le télécharger à part et se contenter de Counter Strike Source. Dommage, un bon DeathMatch entre amis, ça fait toujours plaisir.

Cependant, CS Source voit quelques évolutions arriver. Passons sur le graphisme.
La physique nous permet de nous planquer derrière un bidon et de faire rouler ce dernier afin d'avancer à couvert sur quelques mètres ! Les grenades ont des effets bien plus réalistes, tout comme les fumigènes. La flashbang y gagne en puissance. Quant au sifflement dû à son explosion, il est particulièrement désagréable et nous empêche d'entendre les ennemis arriver. Pour sa part, le flash a un effet qui vous brouille la vision après l'écran blanc. Si vous avez déjà déchargé le condensateur du flash d'un appareil photo (ou mieux, si vous avez subi), vous comprendrez le réalisme de la chose ! Les Maps ont cependant bien changé, et le jeu s'en voit profondément affecté, ce qui réduit un peu de son intérêt.

Le mot de la fin...

Half-Life² est bel et bien celui auquel nous nous attendions comme fidèle successeur du mythique Half-life. L'action scriptée et linéaire est toujours présente, avec quelques améliorations qui ajoutent un peu de fun au jeu, et nous permettent parfois d'avoir vraiment le choix entre buriner à la Quake et réfléchir à la Rainbow Six. Il vous faudra toutefois souvent trouver un juste milieu, car la technique bourrin (à part en étant très doué ) vous obligera rapidement à passer en technique réflexion pour garder vos derniers points de vie, et la technique réflexion vous obligera à vous la faire bourrin pour pouvoir finir le jeu en moins de trois mois. La durée de vie du jeu est normale, et il vous faudra probablement un week-end pour le finir la première fois (sauf en mode facile !). Les fois suivantes vous permettront de vous défouler. L'ajout de Counter-Strike source en mode multijoueurs est un moindre mal dans le sens où le jeu voit sa durée de vie allongée, même si un Death-Match similaire aux multijoueurs de Half-Life eût été bien plus fun. Les graphismes sont vraiment réussis et les possibilités d'interaction rendent le jeu vraiment intéressant, la physique y aidant beaucoup. Quant à l'histoire, tout en restant assez traditionnelle, elle apporte quelques nouveautés que nous vous laisserons découvrir quand vous franchirez le cap de l'achat de ce jeu culte !

Nous tenons à vous rappeler que cette appréciation est à placer dans son contexte. En effet, même si nous sommes objectifs, un test réfléte toujours l'avis d'une ou de quelques personnes, cela dans des conditions spécifiques. Aussi, malgré tout le soin apporté à sa réalisation par son auteur, ce test n'a pas pour vocation d'être exhaustif.