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Test : Bioshock

Successeur spirituel de «System Sock» et développé par les mêmes éditeurs, Bioshock est LE jeu qui cartonne depuis sa sortie le 31 août dernier. Un environnement souvent glauque à souhait, une ambiance rétro et futuriste à la fois, des modifications génétiques rendant les humains complètement fous et, pour tout dire, assez proches des zombies intelligents. Des armes parfaites pour transformer vos adversaires en chair à pâté, et des décors somptueux ; tout est présent afin de faire de Bioshock un titre solo culte !

L'histoire

« Lorsque mes parents m'ont mis dans cet avion qui m'emmenait voir mes cousins d'Angleterre, ils m'ont dit ceci : « Mon garçon tu es un être exceptionnel, tu es promis à un grand avenir ». Et le plus beau, c'est qu'ils avaient raison... »




Vous voici en 1960, survolant l'Atlantique dans un avion visiblement assez luxueux, fumant de façon nonchalante votre cigarette au cours de ce vol de nuit, tout ce qu'il y a de plus banal...


Hurlements...


Visiblement, le voyage ne sera pas aussi banal qu'il y paraît. Vous êtes maintenant ce qui semble être le dernier survivant de ce vol. Étant donné l'état de l'avion, ou plutôt des morceaux d'épaves flottant encore de-ci de-là, vous voilà miraculé, et dans le pétrin ! Quoique...
face à vous, un phare, et surtout, la possibilité de sortir de l'eau, ce qui, vous en conviendrez, est plutôt rare en plein milieu de l'Atlantique Nord. Quelques instants de nage, et nous voici, gravissant les quelques marches menant à l'entrée du phare... pour mieux redescendre.
En effet, tout ce qu'il vous est possible de faire ici est de vous rendre dans ce que les différents banderoles et écriteaux appellent « Rapture ».


« Le fruit du dur labeur de chacun ne devrait-il pas lui appartenir ? Non, dit l'homme de Washington, cela appartient aux pauvres. Non, répond l'homme du Vatican, cela appartient à Dieu. Non, répond l'homme de Moscou, cela appartient au peuple. Moi, Andrew Ryan, j'ai choisi une vision bien différente. J'ai choisi Rapture. »



Rapture est une ville sous-marine bâtie en 1946 par Andrew Ryan, selon des idées simples et capitalistes, comme vous pouvez le voir dans la citation placée ci-dessus. Ici, chacun travaille pour lui-même, sans se soucier des intérêts des autres. Une autre des spécialités de Rapture est que l'éthique n'a pas vraiment de raison d'être. Le capitalisme poussé à son paroxysme n'en donne qu'une idée. Une limace fut découverte sur les fonds marins, avec la particularité de sécréter les plasmides, des cellules souches, pouvant être utilisés pour améliorer les caractéristiques d'un être vivant... et donc d'un humain. Ces plasmides peuvent améliorer les capacités physiques ou mentales, soigner des maladies, ou encore guérir des blessures. Cependant, une bonne découverte entre de mauvaises mains tourne souvent à la catastrophe...

Un jeune entrepreneur, Fontaine, se lance dans des recherches sur cette manne céleste afin d'en tirer les applications commerciales et de les développer de façon industrielle. On baptisa ces cellules « Adam ». Ce qui permettait d'utiliser les plasmides fût nommé « Eve ». Les plasmides devinrent le moteur économique de Rapture. Cependant, ceci ne dura pas, et un conflit naquit entre Fontaine et Andrew Ryan. Les découvertes du premier remettant en cause la hiérarchie de la société créée par le second. S'en suivit alors la destruction de toutes les sources d'Adam et une véritable guerre au cours de laquelle les mutations génétiques subies par les citoyens de Rapture finirent par les rendre dépendants à l'Adam... et fous ! L'Adam est désormais récolté sur les cadavres par des « petites sœurs » protégées par des « Big Daddys » immenses et redoutables.

C'est donc dans une Rapture dévastée dans laquelle vous vous plongez à présent. Bonne chance à tous !





« Les papas malins vont toujours au jardin »


Maintenant que vous en savez suffisamment sur l'histoire de Rapture, il est temps de nous attaquer à une partie un peu plus intéressante. L'intrigue d'un jeu peut être excellente, mais si le reste ne suit pas, il ne sert en effet à rien de se le procurer.


Gameplay.


Bioshock peut, sur ce point, s'avérer assez différent de beaucoup de jeux, malgré une action linéaire. Nous sommes ici à mi-chemin entre le jeu de rôle type FPRPG (First Person Role Playing Game, ou jeu de rôles à la première personne, dont l'exemple type est « The elders scrolls IV : oblivion » ) et le FPS (First Person Shooter, ou jeu de tir avec vue à la première personne, comme les sagas Half-Life, Doom, Quake et bien d'autres). Nous retrouvons ainsi un système de quêtes, un journal des quêtes ainsi qu'une carte permettant de s'orienter et de repérer les divers points utiles lorsque l'on se déplace, comme les « Gene Bank ». Ces derniers permettent par exemple d'échanger les plasmides en stock vu qu'il est impossible d'en avoir plus de 6 actifs, sachant que plus de 20 sont disponibles au « jardin des glaneuses », ce qui permet de se les procurer moyennant une certaine somme d'Adam. Ceci s'ajoute à la possibilité de créer soit même des outils ainsi que des munitions et d'augmenter le niveau des armes et plasmides. À côté de cela, il faut viser, se cacher, sauter sur des caisses ou derrière elles, « rusher », frapper et coller de beaux headshots avec des armes beaucoup plus traditionnelles.




Irrational Games a ici misé sur la diversité. En effet, des dizaines d'améliorations et fortifiants génétiques sont disponibles.
Des plasmides vous permettent de geler vos adversaires ou de les faire brûler, comme à la télékinésie qui nous permet de transformer en arme tout objet passant à notre portée ou de renvoyer une grenade au visage de son envoyeur. Des fortifiants vous rendant plus résistant aux coups ou à tel type de dommages, d'améliorer certaines de nos capacités, etc.
Au niveau des armes « conventionnelles » dans les standards du FPS , nous retrouvons tout un choix, du colt au lance-roquettes, en passant par les shotguns, lances-grenades. On retrouve aussi tous leurs compères, et comme ci cela était insuffisant, vous pouvez avoir sur vous jusqu'à trois types de munitions différentes à la fois et améliorer toutes ces armes en cadence, types de dommages.
Nous sommes donc en présence d'un jeu au Gameplay sachant s'adapter à tous les types de jeux, depuis le joueur spécialisé dans l'infiltration discrète, qui tue sans se faire remarquer en gelant ses ennemis afin les empêcher de bouger, au bourrin de base qui court partout armé jusqu'aux dents. Néanmoins, dans certains cas, le jeu vous oblige à utiliser des techniques différentes de votre type de jeu. Il est très dur de tuer les Big Daddys sans se faire remarquer, ceux-ci vous feront en effet sortir de votre cachette très rapidement que vous le vouliez ou non !


Parmi les autres possibilités intéressantes du jeu, le Hacking ! En effet, une grande partie des stands que vous rencontrerez, comme ceux où vous achèterez vos munitions, sont piratables via un système simple ressemblant fortement à certains jeux assez anciens, en reliant un point A à un point B par des tuyaux permettant à l'EVE de passer sans déclencher d'alarmes, de façon rapide. Attention, rater un piratage vous fera prendre une décharge électrique ou vous vous retrouverez avec le système de sécurité automatique de Rapture au derrière ! Apprendre à pirater vite et bien vous permettra de vous procurer ce dont vous avez besoin pour des coûts réduits, à ouvrir des portes ou des coffres forts... ou à ce que les tourelles, drones et autres matériels de défense de Rapture attaquent vos ennemis au lieu de votre propre personne!




Bioshock est donc un jeu au gameplay varié et très agréable, mais malheureusement trop peu novateur, dans le sens où beaucoup des possibilités offertes sont déjà présentes sous diverses formes dans d'autres jeux. C'est cependant la première fois qu'autant sont rassemblés en un seul titre. Cela n'a pas dû être une tâche facile pour les développeurs !


Cependant, Gameplay et intrigue ne vont toujours pas seuls. Passons maintenant à la dernière grosse partie de ce test concernant Bioshock : les graphismes et la physique.




Graphismes et physique dans Bioshock


Pour sa dernière parution, le staff d'Irrational Games a choisi de profiter des possibilités offertes par le moteur graphique Unreal Engine 3.0, modifié spécialement pour les besoins spécifiques du jeu, dont les effets de l'eau, par exemple. Ce moteur graphique est d'ailleurs compatible DirectX 9.0C et DirectX 10, ce qui permet de l'utiliser sous Windows XP avec les anciennes générations de cartes graphiques, comme sous Windows Vista avec les derniers monstres sortis des fabriques AMD et Nvidia.

Et il n'y a rien à redire. Les graphismes sont tout simplement magnifiques, malgré le fait que la configuration sur laquelle nous avons testé ce bijou ne soit pas compatible DirectX 10. Comme dans tous les jeux actuels, les dernières technologies sont utilisées à fond et les cartes graphiques sont poussées dans leurs retranchements s'il fonctionne avec toutes les options graphiques actives !




Ici, l'eau est gérée à merveille, les reflets sur celle-ci sont réellement bluffants, tout comme la façon dont l'eau trouble votre vision lorsque vous regardez à travers un rideau.

Les textures sont de bonne, voire de très bonne qualité, et les différents effets graphiques utilisés donnent un réalisme rarement rencontré aux lieux que vous pourrez visiter. De plus, les effets de sang et d'humidité sont particulièrement bien gérés. Vous verrez ainsi le sang s'étaler en de longues traînées sur le passage « forcé » des cadavres que vous enverrez voler à grand coup de fusil à pompe. Vous pourrez également « admirer » de jolies flaques du liquide rouge joncher le sol là où elles s'arrêteront.

Pour ne rien gâcher, certains passages du jeu sont agrémentés de « flashs », où les fantômes d'une Rapture autrefois luxuriante feront revivre certains moments de ce passé pas si lointain, sont magnifiquement réalisés ! De nombreux effets de flou viendront agrémenter la partie lorsque vous déciderez par exemple de vous en prendre aux petites sœurs. Dans ces moments, leurs protecteurs poussent des hurlements assez forts pour perturber votre personnage. Les effets de particules et poussières sont aussi gérés de façon surprenante, tout comme pour les flammes et les explosions. Il est cependant regrettable de voir une fois de plus les différents personnages que vous rencontrerez avoir des textures leur donnant un effet « plastique », surtout dans les pièces dotées d'une forte luminosité (heureusement assez rares). Seuls les Big Daddys, de par leur armure de métal, ne souffrent pas de ce défaut graphique.





La physique n'est pas non plus en reste. Ainsi, l'utilisation de pouvoirs comme la télékinésie rend la réaction des objets que vous envoyiez voler sur vos ennemis très réaliste, tout comme les moments où ces mêmes ennemis apprendront à voler, suite à un lancer de grenade bien réalisé, ou suite à un tir au fusil à pompe à bout portant. Les dégâts que vous infligerez aux décors sont cependant peu présents, et il est dommage que les blocs de glace que vous verrez fondre ne laissent pas d'eau derrière eux. L'interaction avec le décor et les objets, malgré sa présence, reste donc un peu trop faible face au niveau global de ce jeu.



Conclusion


Malgré les espoirs fondés par les annonces de l'éditeur, Bioshock n'apporte pas son réel lot de nouveautés, mais plutôt la nouveauté de fondre en un jeu deux types bien définis et les possibilités qui en découlent. Le jeu est doté d'un moteur graphique performant et relativement bien réalisé et d'un moteur physique correct, malgré un manque d'interaction avec le décor en lui-même (car focalisée sur les objets utiles du jeu comme les magasins). Il dispose également d'un gameplay réellement prenant.



Bioshock est donc un titre méritant la plus grande attention de la part des joueurs. Avec un déroulement linéaire, que son côté jeu de rôle aurait pu diminuer, Bioshock reste fondamentalement un FPS. Son action est scriptée et laisse peu de choix et de surprises au joueur, qui est dirigé comme un pantin du début à la fin du jeu. Cependant, les possibilités offertes par les différents types de jeux que vous pourrez utiliser permettent de ne pas s'ennuyer. Il est d'ailleurs parfois utile de réfléchir quelques instants avant de s'en prendre à vos ennemis afin de perdre un minimum de vie et de conserver au maximum votre Eve et de réserver vos munitions spéciales à des adversaires un peu plus... coriaces. Les différents niveaux de difficulté permettent d'ajuster la difficulté du jeu à votre niveau. Ainsi, il est possible, pour un bon joueur, de terminer le jeu sans que son personnage décède en mode facile, alors que le mode difficile lui donnerait bien plus de fil à retordre (ennemis plus résistants, mais surtout beaucoup plus intelligents !).

Le mot de la fin...

Pour conclure, Bioshock est un jeu d'excellente qualité et réellement prenant , dommage qu'il n'y ait pas de mode multijoueurs (ce qui d'un côté aurait été dur à intégrer sans perdre le charme de ce titre), et que la durée de vie soit un peu faible : de 8 à 12heures environ pour le niveau facile....Mais l'histoire ne semble pas s'arrêter là...

Nous tenons à vous rappeler que cette appréciation est à placer dans son contexte. En effet, même si nous sommes objectifs, un test réfléte toujours l'avis d'une ou de quelques personnes, cela dans des conditions spécifiques. Aussi, malgré tout le soin apporté à sa réalisation par son auteur, ce test n'a pas pour vocation d'être exhaustif.