Net-Actuality

Edito, « Bienvenue en Chi... France » !

Je lisais récemment, je ne sais plus où, que le gouvernement français avait une dent contre le Web. Qu'il voulait le couler ! Comment ne pas se révolter, en lisant de tels propos ! Comment laisser passer des paroles si infondées, illégitimes et exagérées ?

Et l'Hadopi alors ?



Oui... Oui... Je vous vois déjà venir, gros comme une maison, avec votre Hadopi... Vous allez me dire que cette loi enverra 10 000 courriers d'avertissements par jour... Que pas moins de 3 000 lettres recommandées seront envoyées chaque jour ! Que 1 000 décisions de suspension d'abonnements Internet seront décidées chaque jour... Que le traitement des données sera automatisé... Que ce système ne sera pas forcément fiable... J'en passe et des meilleurs. Mais, sincèrement, si vous n'êtes pas de mauvaise fois, vous conviendrez que ces mesures sont totalement justifiées. Nécessaires. Essentielles. Primordiales. Urgentes. Pour la simple et bonne raison qu'elles permettront de protéger ces pauvres artistes des mééééééééééééééééééééééééchants pirates que vous êtes, tout simplement.


Des oranges ?! Pour quoi faire ?



Et le projet Lefebvre ?



Là aussi, vous allez être de mauvaise fois et me dire que l'amendement au projet de loi audiovisuel proposé par Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, est un gros risque pour le Web. L'avez-vous lu, au moins ? Non ? Voici donc une petite piqûre de rappel. Il permettrait simplement de donner au CSA les moyens de « veiller à la protection de l'enfance et de l'adolescence et au respect de la dignité de la personne dans les programmes mis à disposition du public », en donnant lui permettant de fixer des règles de signalétique au Web 2.0. Il propose également que le CSA « délivre un label aux services de communication au public en ligne mettant des contenus audiovisuels à disposition du public qui s'engagent à assurer la protection de l'enfance et de l'adolescence dans les conditions définies par le Conseil », en précisant que « ces labels doivent être pris en compte par les moyens techniques permettant de restreindre l'accès à certains services ».

Rien de bien grave donc. Juste un moyen de « permettre » aux Internautes d'installer des filtres, qui leur « éviteront » d'accéder à sites n'ayant pas reçu l'approbation du CSA, en somme. Tout cela pour « la protection de l'enfance et de l'adolescence et au respect de la dignité de la personne », bien sûr.


« Tu ne discuteras point... »



Mon projet pour le Web



Vous en conviendrez donc à travers ces deux exemples, ces deux projets ne nous veulent que du bien. D'ailleurs, je plussoie tellement à l'action gouvernementale actuelle en matière d'Internet, que j'aimerais faire deux propositions à notre gouvernement. La première serait d'interdire, prochainement, les sites Web non professionnels comme Net-Actuality. Ah, c'est déjà prévu ? Oui, selon nos confrères de chez Numérama, le futur « label [du CSA, ndlr] pourra ensuite être étendu aux sites de presse qui ne sont pas animés par une équipe de journalistes professionnels, comme l'avait souhaité Renaud Donnedieu de Vabres ». La seconde est certes plus radicale et ambitieuse, mais réglerait toutefois tous les problèmes créés par Internet : supprimer le Web. Couper le câble. Oui, radical, mais tellement efficace. Sur ces bonnes paroles, passez une bonne semaine !

P.-S. Ne soyez pas surpris de ne pas pouvoir accéder à Net-Actuality la semaine prochaine...


« Bienvenue en Chine... Euh, France. »