20,40 euros pour rallier Castres et revenir à Toulouse, l’ouverture de l’A69 ravive la bataille du péage
Ouverte le 6 novembre 2026, l’A69 coûte 20,40 euros pour un aller-retour Toulouse-Castres, raccordement à l’A680 compris. Ce tarif divise jusque parmi les soutiens du projet, malgré les 20 à 25 minutes de trajet gagnées annoncées par Atosca.
En bref
L’A69 accueille des automobilistes depuis le 6 novembre 2026, mais les 20,40 euros demandés pour un aller-retour Toulouse-Castres alimentent la contestation, y compris chez un élu favorable à l’autoroute.
L'essentiel
- Le nouvel axe autoroutier s’étend sur 53 kilomètres.
- Un trajet simple coûte 10,20 euros en additionnant l’A69 et l’A680 vers Toulouse.
- Atosca annonce un trajet raccourci de 20 à 25 minutes.
- Le péage fonctionne automatiquement, sans barrières.
Une ouverture effective le 6 novembre, après la publication des tarifs
Les premiers véhicules se sont engagés sur l’A69 le 6 novembre 2026, peu après 10 h 45. Cette entrée en circulation s’est déroulée pendant une visite à Verfeil, en Haute-Garonne. Pour les automobilistes qui circulent entre Toulouse et Castres, l’autoroute est donc passée du chantier à une possibilité de trajet réelle, avec un prix à intégrer au déplacement.
Les tarifs avaient été publiés le 5 novembre au Journal officiel, soit la veille de l’ouverture. Philippe Tabarot, ministre des Transports, a annoncé sur X le passage à l’exploitation. Cette étape rend surtout très concret le débat sur le coût : il ne s’agit plus de discuter d’une future autoroute, mais de décider de l’emprunter au tarif désormais fixé.
Les 20,40 euros incluent deux péages à chaque trajet
Pour comprendre la somme à prévoir, il faut distinguer les deux composantes du parcours. Le prix de l’A69 est de 8,50 euros par sens. À cela s’ajoutent 1,70 euro pour l’A680, du côté de Toulouse. Vous arrivez ainsi à 10,20 euros pour un trajet simple, puis à 20,40 euros lorsque vous faites le retour. Les 8,50 euros ne représentent donc pas le coût complet de cette liaison.
L’autre particularité visible pour les usagers est l’absence de barrières : le dispositif de péage est automatique. Cela ne change pas le caractère payant du trajet. Pour apprécier l’intérêt de l’autoroute, le point de comparaison avancé par Atosca est un gain de 20 à 25 minutes entre les deux villes. Il s’agit d’une durée annoncée par l’exploitant, à mettre en regard de la dépense demandée, et non d’une réduction du prix.
Le prix est contesté jusque dans le camp favorable à l’A69
La critique ne vient pas uniquement des adversaires du chantier. Christophe Ramond, président socialiste du conseil départemental du Tarn, soutient l’autoroute depuis le début. Il juge pourtant son tarif excessif pour les Tarnais et estime qu’il ne respecte pas l’engagement pris par l’État. L’ouverture fait ainsi apparaître une distinction nette : défendre la réalisation de l’axe ne revient pas nécessairement à approuver son prix d’accès.
Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca, défend une appréciation opposée : il situe l’A69 parmi les autoroutes récentes les moins coûteuses. Il prévoit aussi une fréquentation de 10 000 véhicules quotidiens une fois le fonctionnement stabilisé. Ce chiffre reste une prévision, pas un bilan de l’ouverture. Le désaccord porte donc déjà sur la manière d’évaluer le péage : comparaison avec d’autres infrastructures récentes pour l’exploitant, coût supporté par les habitants pour l’élu tarnais.
Un dispositif destiné à faire baisser le tarif grâce à des financements publics a été écarté par le Conseil d’État. Cette décision constitue l’arrière-plan du prix appliqué à l’ouverture. La question des possibilités de réduction du péage de l’A69 est distincte du choix immédiat auquel vous êtes confronté : payer le tarif en vigueur pour emprunter cette liaison.
La circulation commence sans mettre fin à la contestation
Depuis 2023, manifestations et procédures judiciaires ont accompagné l’opposition à l’autoroute. À la fin de février 2025, le tribunal administratif de Toulouse avait interrompu les travaux, considérant que l’intérêt public du projet n’était pas majeur. La cour administrative d’appel de Toulouse a ensuite permis leur reprise à la fin de mai 2025. La mise en circulation intervient donc après un chantier dont la poursuite elle-même avait été remise en cause.
Le collectif La Voie est Libre a dénoncé l’ouverture en prenant notamment pour cible les 20,40 euros de l’aller-retour. Lauragais sans bitume a, de son côté, choisi de ne pas manifester le jour de la mise en service. Cette absence de mobilisation le 6 novembre ne vaut donc pas ralliement. L’autoroute fonctionne désormais, mais son accès payant donne un nouveau point d’appui à une opposition déjà ancienne.
Questions fréquentes
Depuis quelle date peut-on emprunter l’A69 ?
Les premiers automobilistes y ont circulé le 6 novembre 2026, peu après 10 h 45.
Pourquoi le trajet simple revient-il à 10,20 euros ?
Il additionne les 8,50 euros de l’A69 et les 1,70 euro de l’A680 vers Toulouse.
Combien de temps peut-on gagner sur le trajet ?
Atosca annonce un gain de 20 à 25 minutes entre Toulouse et Castres.