Conservation et anti-gaspillage
Environ 700 supermarchés visés en France : les attaques contre le froid ont gagné plusieurs pays européens
Les cyberattaques contre les installations frigorifiques se sont étendues en Europe après les premiers incidents français du 11 octobre. Voici la chronologie, les enseignes identifiées et les indices qui orientent les soupçons vers des acteurs prorusses.
En bref
Après des centaines de magasins français touchés en octobre, les attaques visant les équipements frigorifiques ont pris une dimension européenne début novembre, avec une origine encore incertaine.
L'essentiel
- Le gouvernement fait état d’environ 700 supermarchés visés en France.
- Les premiers incidents remontent au 11 octobre, avant une nouvelle offensive début novembre.
- Rewe et Edeka figurent parmi les enseignes ciblées en Allemagne.
- La piste d’acteurs prorusses est avancée, sans attribution établie.
En France, les premières nuits d’attaques remontent à octobre
Le point de départ se situe en France : des supermarchés sont attaqués dès le 11 octobre. Durant la nuit qui suit, des centaines de magasins sont touchés. Le Grand Continent rapporte des pertes annoncées à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros au minimum. Le bilan français atteint environ 700 supermarchés visés, d’après le gouvernement.
Les attaques se poursuivent durant la nuit du 12 au 13 octobre. Elles concernent alors des magasins dotés de contrôleurs Dixell, des appareils servant au réglage à distance du froid, aussi bien dans les rayons que dans les espaces de stockage. Cette succession d’incidents montre que l’épisode français ne se limite pas à une seule nuit.
Début novembre, une nouvelle offensive élargit le périmètre
Une nouvelle vague survient dans la nuit du 1er au 2 novembre. Le Grand Continent lui attribue un périmètre de 14 pays et évoque, depuis le début des attaques en octobre, au moins 15 pays européens potentiellement concernés. BFMTV décrit de son côté des milliers d’appareils frigorifiques touchés le 2 novembre dans douze pays membres de l’Union européenne.
Ces décomptes ne doivent pas être additionnés. Ils portent sur des dates, des territoires et des unités différents : pays européens, États de l’Union, magasins ou réfrigérateurs. Le Tribunal du net avance pour sa part huit pays. L’extension internationale est donc rapportée par plusieurs médias, mais le nombre exact de pays concernés reste à considérer avec prudence.
Rewe, Edeka et des commerces italiens parmi les cibles identifiées
En Allemagne, des points de vente des réseaux Rewe et Edeka ont été ciblés lors de l’offensive de novembre. En Italie, les incidents concernent une vingtaine de magasins situés en Sicile, ainsi qu’une entreprise de restauration installée en Toscane. Le phénomène dépasse ainsi les seuls rayons des grandes surfaces.
La Belgique, la Suède, les Pays-Bas et l’Irlande figurent également parmi les territoires touchés. Le Grand Continent décrit une répartition inégale : hors de ces quatre pays et de l’Italie, les autres pays concernés par l’extension n’auraient pas dépassé une dizaine de magasins ou d’entreprises visés. Pour la Grèce et la Norvège, trois commerces ont déclaré avoir subi une attaque, sans validation des autorités.
Des pertes alimentaires, mais aussi un incident à l’EFS
BFMTV rapporte que certaines installations sont montées jusqu’à 50 °C. Des tonnes d’aliments ont été perdues, avec un coût évalué en millions d’euros. Ici, le sujet n’est pas le rangement domestique, comme la conservation des œufs au réfrigérateur ou la conservation des légumes au réfrigérateur, mais des équipements professionnels dont les dérèglements entraînent des pertes à grande échelle.
Le 2 novembre, l’Établissement français du sang a également été atteint à travers son prestataire frigorifique. L’EFS a confirmé la cyberattaque le 4 novembre et indique qu’elle n’a entraîné aucune conséquence sanitaire. Le ministère de la Santé précise que les alarmes, la surveillance et les précautions prises ont permis de préserver les stocks. Cet incident élargit la portée de l’affaire au-delà du commerce alimentaire.
Des indices russes, sans attribution définitive
Forescout relève qu’une majorité des quelque vingt attaques revendiquées depuis le début de l’année contre la réfrigération l’ont été par des collectifs hacktivistes prorusses. Ce décompte porte sur les revendications : il ne constitue pas, à lui seul, une identification des auteurs des vagues d’octobre et de novembre.
Lupovis apporte un autre indice. Des installations leurres déployées par l’entreprise ont été attaquées depuis des serveurs déjà employés par des groupes russes. Son PDG, Xavier Bellekens, estime possible l’implication d’un acteur bénéficiant du soutien de l’État russe. Il s’agit d’une piste d’attribution, et non d’une responsabilité démontrée : ni les revendications ni la réutilisation de serveurs ne permettent de présenter cette hypothèse comme une certitude.
Questions fréquentes
Combien de supermarchés français ont été visés ?
Le gouvernement avance un total d’environ 700 supermarchés.
Les attaques ont-elles commencé le 2 novembre ?
Non. Les premiers incidents français remontent au 11 octobre, avant une extension européenne début novembre.
L’origine russe est-elle confirmée ?
Non. Des revendications prorusses et des indices techniques alimentent cette piste, sans établir définitivement l’identité des responsables.