Une nouvelle grève annoncée le 10 novembre dans l’éducation, les syndicats veulent accentuer la pression sur le gouvernement
Une intersyndicale appelle à la grève le 10 novembre dans l’Éducation nationale, le supérieur et la recherche. Salaires, emplois, accès aux études et financement public sont au cœur des demandes portées par cette nouvelle mobilisation.
En bref
L’appel à une nouvelle mobilisation le 10 novembre vise à obtenir des avancées sur les rémunérations, les recrutements et les moyens de l’éducation et de la recherche.
L'essentiel
- L’appel, lancé le 7 novembre, associe des organisations de personnels et de jeunesse.
- La journée doit mêler arrêts de travail, manifestations et rassemblements.
- Les demandes concernent les salaires, les emplois, les places d’études et les bâtiments.
- Les organisations doivent discuter de la suite le 10 novembre au soir.
Un nouvel appel qui réunit personnels et jeunesse
L’Éducation nationale, mais aussi les universités et la recherche sont concernées par la journée d’action du 10 novembre. Lancé le samedi 7 novembre, l’appel ne se limite pas à la grève : il prévoit également des rassemblements et des manifestations. Il s’inscrit dans une succession de mobilisations, après une journée de grève le 5 novembre et une autre mobilisation le 7 novembre.
Parmi les organisations qui portent cet appel figurent la FSU, la CGT, FO, l’UNSA, Sud et Solidaires, ainsi que l’USL, l’Union étudiante, la FAGE, la FSE et l’Unaf. Ce regroupement entend faire converger les demandes des personnels avec celles de la jeunesse. Le périmètre dépasse donc les seules questions liées au travail des enseignants : l’accès aux études et les moyens de la recherche occupent aussi une place dans les revendications.
Les syndicats veulent profiter d’un rapport de force qu’ils jugent favorable
L’intersyndicale estime que l’exécutif se trouve fragilisé et qu’il amorce un recul. C’est son appréciation de la situation politique, sur laquelle elle fonde son appel à renforcer la mobilisation. L’objectif affiché est de maintenir la pression pour obtenir des réponses aux demandes de la jeunesse et des personnels, en lien avec le mouvement interprofessionnel.
Les organisations mettent en cause un bilan de dix années de politiques macronistes. Elles leur reprochent d’avoir dégradé le service public éducatif et la recherche, tout en malmenant les jeunes et les personnels. Leur démarche associe ainsi une critique générale des orientations gouvernementales à des demandes précises sur les rémunérations, les effectifs et les budgets.
Salaires et statuts figurent parmi les premières demandes
Sur les rémunérations, l’intersyndicale réclame le dégel du point d’indice ainsi que des mesures propres aux différentes catégories de personnels, sans contrepartie. Le Snes-FSU ajoute plusieurs demandes de statut : un plan permettant la titularisation des agents non titulaires, une grille salariale nationale pour les AED et un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH.
Les recrutements constituent un autre volet. Le Snes-FSU porte une demande de 15 000 postes de titulaires et réclame des emplois supplémentaires dans plusieurs métiers. Cela concerne les professeurs, mais également la vie scolaire avec les CPE et les AED, l’accompagnement assuré par les AESH, les psychologues de l’Éducation nationale, les assistants de service social et les infirmières. Les revendications ne se concentrent donc pas sur une seule profession.
L’accès aux études et les moyens de la recherche au cœur du mouvement
Pour les bacheliers, les organisations demandent un financement répondant à un manque qu’elles évaluent à 150 000 places, afin de permettre une poursuite d’études dans la filière choisie. Le Snes-FSU demande aussi de supprimer les obstacles qu’il dénonce dans Parcoursup et MonMaster. La question des capacités d’accueil est ainsi liée à celle des conditions d’accès aux formations.
Le volet budgétaire englobe également les bâtiments, avec un investissement demandé pour leur rénovation et leur adaptation, à l’école comme à l’université. Pour le supérieur et la recherche, le Snes-FSU réclame le retrait des suppressions d’emplois inscrites au budget 2027 et des moyens pour les postes titulaires. Il défend un financement durable de la recherche publique, le maintien des prérogatives des EPST et l’abandon du démantèlement de l’IRD.
Plusieurs rendez-vous encadrent la journée du 10 novembre
La mobilisation intervient autour de rendez-vous sociaux distincts. Sébastien Lecornu a convoqué à Matignon une conférence sociale réunissant syndicats et patronat, sans les syndicats de la fonction publique. Ceux-ci doivent être reçus le 13 novembre. La journée d’action permet aux organisations de porter leurs exigences avant cette rencontre.
Le calendrier du mouvement ne s’arrête pas à l’appel à la grève. Une réunion entre organisations est prévue le soir du 10 novembre pour examiner les suites à lui donner. Cette discussion doit déterminer la poursuite de la mobilisation, alors que l’intersyndicale souhaite obtenir des avancées en maintenant la pression sur le gouvernement.
Questions fréquentes
Quels secteurs sont concernés par l’appel du 10 novembre ?
L’appel concerne l’Éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche, et associe des organisations de personnels et de jeunesse.
La mobilisation prend-elle uniquement la forme d’une grève ?
Non. L’intersyndicale appelle aussi à des manifestations et à des rassemblements.
Quelles demandes concernent directement les étudiants ?
Les organisations réclament le financement de 150 000 places jugées manquantes. Le Snes-FSU demande également la levée des obstacles qu’il dénonce dans Parcoursup et MonMaster.